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Noël Raynal : Université de Montréal
Le cancer du poumon est le cancer le plus mortel dans le monde avec environ 1,6 million de décès par année. La grande majorité des patients sont atteints de cancer du poumon non à petites cellules. De grandes avancées thérapeutiques ont été réalisées grâce à une plus grande compréhension de la physiopathologie permettant de cibler les patients ayant des mutations spécifiques particulièrement dans les gènes KRAS, ALK, ou EGFR. Malgré tout, la majorité de ces patients ne sont pas guéris à cause de mécanismes de résistance, de sorte que la survie des patients avancés est extrêmement faible, suggérant le besoin urgent de découvrir de nouvelles approches thérapeutiques pour le cancer du poumon non à petites cellules. Suite à des criblages de petites molécules, nous avons identifiés que les protéines arginines méthyltransférases représentent des cibles de choix pour les stades avancés dans le cancer du poumon non à petites cellules. Les résultats seront discutés dans le cas d’approches combinatoires avec d’autres médicaments utilisés en clinique.
Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.
Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.
D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.
Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.
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