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COMMENT CONCILIER DIMENSIONS ENTREPRENEURIALES ET SOCIALES DANS LES FABLABS ? LE CAS D’UN FABLAB EN DÉMARRAGE

CF

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Cécile Fonrouge : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Le terme fablab exprime un lieu physique de fabrication et d’expérimentation numérique. Au travers de l’outil archétypal qu’est l’imprimante numérique 3D, on verrait émerger des territoires inédits de travail qui renouvellent les pratiques de créativité collective. Pourtant après plus d’une dizaine d’années d’existence et d’études de ces lieux, des chercheurs remarquent un certain flou quant à leurs missions (Bosqué, 2015 ; Ferchaud et Dumont, 2017). S’agit-il d’une nouvelle structure d’accompagnement de l’entrepreneur lui permettant de créer des prototypes et ainsi de matérialiser au plus vite ses idées ? Ou bien, assiste-t-on à des espaces inédits d’expérimentation sociale qui permettent à des collectifs de (re)trouver les liens qui font la vie en société?

On peut se demander comment les dimensions entrepreneuriales – soient les retombées pour l’entrepreneur et ses parties prenantes- cohabitent avec les dimensions sociales vues comme l’ensemble des parties prenantes dont la société dans son ensemble.

Nous avons eu l’opportunité d’examiner de l’intérieur les leviers potentiels qui font pencher la balance soit du côté social soit du côté entrepreneurial dans un fablab en démarrage via une observation participante de plus de 3 ans.
Les principaux résultats montrent que lorsqu’on veut concilier les dimensions entrepreneuriales et sociales se posent des problèmes de modèles de revenus reliés à des choix en matière de gouvernance.

Résumé du colloque

En tant que nouvelle approche cherchant à résoudre des problématiques sociales complexes, les living labs (laboratoires vivants) se distinguent par leurs objectifs de participation et de coconstruction positionnant les citoyens et les usagers au centre de leurs démarches (Scaillerez et Tremblay, 2017). L’un des objets de la méthode semble alors être celui de contribuer à la réappropriation de son pouvoir décisionnel par les citoyens et les usagers. Permettre au plus grand nombre de participer à la réflexion fait aussi des living labs une approche qui contribue à admettre que certaines ressources (naturelles, Ostrom, 1990; ou intellectuelles, Hess et Ostrom, 2007) appartiennent à tous et font partie des communs (Hess, 2008).

La conduite des processus living labs doit toutefois composer avec des défis de type institutionnel et méthodologique (Therrien et Normandin, accepté). En matière de défis institutionnels, les living labs sont notamment influencés par les rapports de pouvoir préexistants entre les acteurs ainsi que par les conflits de valeurs et d’intentions entre les diverses parties prenantes (citoyens, fonctionnaires, représentants d’organismes communautaires et d’organisations privées, chercheurs, etc.). Ce rééquilibre à la faveur du citoyen et des ressources communes n’est donc pas encore un acquis et nécessite d’être (re)questionné pour en asseoir la suprématie.

Pour gérer ses aspects, les living labs se concentrent sur la conduite de leurs processus et le développement d’objets-frontières, mais la méthode doit elle-même composer avec des obstacles quant à la combinaison des savoirs scientifiques et expérientiels et les remises en question propres à la réalisation d’un processus d’hyperréflexivité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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