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Comprendre l’engagement volontaire dans les initiatives philanthropiques de lutte contre la pauvreté: Histoires de vie, émotions et justification

SK

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Saouré Kouamé : HEC Montréal

Résumé de la communication

Pourquoi les employés des grandes corporations s’engagent-ils dans des initiatives sociales promues par leur organisation? Cette question a reçu une attention croissante de la part des chercheurs en management ces dernières années. La plupart des études ont utilisé une lentille socio-cognitive en mettant l'accent sur les conditions organisationnelles et psychologiques qui motivent l'engagement. Notre étude se démarque de ces travaux en utilisant la perspective de la sociologie pragmatiste française sur la justification de Boltanski et Thévenot, combinée à la perspective sociologique des émotions pour comprendre cette problématique. Ce cadre théorique est utile pour comprendre comment les émotions sont mobilisées dans le discours pour justifier l'engagement envers un problème social, une question qui n'a pas été suffisamment abordée par la littérature existante. Pour traiter cette question, nous avons étudié deux grandes entreprises canadiennes (une banque et une société d'énergie). Nous avons choisi ces entreprises en raison de leur implication dans la lutte contre la pauvreté dans leur région depuis plusieurs décennies. Chacune de ces entreprises mobilise plus de 40 000 employés chaque année autour de cette cause à travers la campagne de financement de Centraide (United Way), qui vise à réduire la pauvreté dans les villes nord-américaines. En utilisant une approche qualitative, nous avons étudié leurs stratégies et pratiques sur une période de 9 mois.

Résumé du colloque

D’aucuns suggèrent que nous vivons une crise multidimensionnelle, notamment écologique, sociale et institutionnelle. Si les entreprises privées sont parfois présentées comme des coupables, d’autres leur reconnaissent un rôle essentiel dans la résolution des enjeux sociaux et écologiques auxquels fait face le monde. Historiquement, c’est à travers le concept de responsabilité sociale des entreprises (RSE) que l’engagement des entreprises au développement durable a été conceptualisé. Essentiellement, la RSE appelle à revoir la conception traditionnelle des entreprises selon laquelle celles-ci sont uniquement économiques, pour en faire des acteurs de changement qui intègrent le développement durable dans leur mission, leurs pratiques et leurs décisions. Si la RSE était, au mieux, mentionnée dans quelques rapports annuels dans les années 1980, elle occupe aujourd’hui un rôle essentiel dans les objectifs stratégiques, les discours et les rapports annuels des entreprises.

Parallèlement à la démocratisation de la RSE se sont développées de nouvelles formes organisationnelles visant à créer de la richesse de manière plus durable et plus respectueuse de la société et de l’écologie : les coopératives, l’entrepreneuriat social, l’entrepreneuriat vert, les entreprises hybrides et les « B Corps » en sont de bons exemples. Ces organisations utilisent les mécanismes du marché pour résoudre des problèmes sociaux chroniques et contrer la dégradation de l’environnement, brouillant ainsi la frontière traditionnelle entre entreprise à profit et organisation à but non lucratif. Les organisations hybrides ne rejettent pas le profit ni la croissance; les profits sont le moyen par lequel elles peuvent accroître leur impact social et écologique. Cependant, ces nouvelles réalités posent d’importants défis stratégiques, notamment en matière de conciliation des logiques marchande et civique, et de gestion des tensions organisationnelles liées aux prises de décision quotidiennes lorsque les solutions semblent paradoxales.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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