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Fanny Lemétayer : INSPQ
L’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) a vu une croissance exponentielle au cours des dernières décennies.Les impacts sur la santé de l’usage des écrans sont amplement documentés dans la littérature scientifique. Néanmoins, les variables examinées dans les études sont très hétérogènes. Certaines études s’intéressent au type d’écran ou appareil utilisé, tandis que d’autres concernent plutôt les activités réalisées ou les contenus consultés. Par leur exposition au numérique à un âge de plus en plus précoce, les enfants et les adolescents constituent un groupe à risque. Un modèle logique de santé publique a été élaboré afin de tenir compte de la complexité du phénomène. Selon ce modèle, l’usage ou l’exposition aux écrans et ses conséquences sont soumis à un système d’influence qui repose sur l’interaction entre les caractéristiques du produit, c’est-à-dire les appareils et les fonctionnalités qu’ils offrent, les caractéristiques des individus et celles de l’environnement. L’interaction entre les caractéristiques des produits, des individus et des environnements détermine les caractéristiques des usages. L’usage des écrans peut avoir de multiples conséquences. Celles-ci incluent des répercussions au niveau de la santé physique et mentale, de la sécurité, etc. Étant donné qu’il s’agit d’une problématique qui évolue rapidement, le modèle logique proposé permet de guider les orientations de recherche et d’identifier les cibles de prévention.
Au Québec comme ailleurs, la culture numérique caractérise désormais notre quotidien, et marque particulièrement celui des enfants et des adolescents (Fluckiger, 2014). À la suite d’une enquête menée auprès de parents, il est estimé que les jeunes âgés de 12 ans et plus consomment en moyenne 7,47 heures par jour de contenu numérique (Rideout, 2015). Considérant la particularité de leur développement sur les plans socioaffectif et identitaire, la relation au numérique des enfants et des adolescents est vue comme une caractéristique sociale incontournable et un objet d’étude nécessaire.
La construction d’un portrait critique et nuancé de l’environnement numérique s’impose donc comme un enjeu de bien-être chez les enfants et les adolescents. Or, cette démarche fait face à des défis méthodologiques considérables (Collin, Guichon et Ntebutse, 2015). D’une part, l’omniprésence du numérique et l’évolution rapide de ses usages en font un objet d’étude difficile à saisir (Wilmer et coll., 2017). D’autre part, la grande diversité d’usages au sein même de la culture numérique est une composante peu explorée (Collin, 2017). Enfin, la pluralité des méthodes employées dans la production de connaissances, additionnée à un accès et à un usage inégalitaires du numérique dans la population, limite considérablement la portée des conclusions actuelles.
Enfin, à ces importantes limites à la connaissance se présente le défi de formuler des recommandations et des stratégies justes et balancées à l’égard du numérique. Cette problématique est d’autant plus saillante que le ministère de l’Éducation a lancé, cette année, le Cadre de référence sur la compétence numérique pour les élèves et les étudiants, répondant par ailleurs à la Stratégie de transformation numérique du Québec. Ainsi, alors que de nombreux acteurs sociaux tentent de mieux encadrer le numérique dans la vie des jeunes, la formulation d’un état des lieux critique et nuancé constitue une visée de plus en plus nécessaire.
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