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Jesse Schnobb : UQO - Université du Québec en Outaouais
Cette recherche vise à traduire comment les gestionnaires de projets parviennent à créer une mobilisation autour d’un projet afin d’en assurer le succès. Plus précisément, elle utilise la Théorie de l’acteur-réseau de Bruno Latour (2005) pour traduire l’intégralité d’un cas de projet autochtone à succès du Québec.
Puisque ce genre de projet est extrêmement complexe et dynamique, la première limite à cette compréhension est celle des textes, la sémiologie graphique (Bertin, 2013). La deuxième limite est que pour se comprendre, il faut passer par une expérience commune (Dewey, 1938; Kolb, 1984). En croisant la sémiologie graphique avec l’éducation expérientielle, on obtient une holographie qui produit une iconographie dynamique d’un projet à succès, un projet mobilisateur (Hecht, 2005). C’est ce qui nous permets de rédiger des comptes rendus représentatifs de la complexité et du dynamisme d’un projet mobilisateur.
Ce compte rendu des controverses sociotechniques du cas permet d’identifier les mécanismes et outils qu’utilisent ces gestionnaires pour assurer le succès de leurs projets. De plus, elle permet une modélisation holographique du processus de la gestion d’un projet à succès donnant accès à sa configuration. Les résultats de la recherche montrent quels sont les adaptations requises à notre pratique de gestion pour assurer le succès de projets. De plus, les résultats montrent comment les controverses sont une source importante d’innovation.
Comment s’assurer de bâtir des projets rassembleurs et porteurs de sens pour la majorité? Quels sont les tenants et aboutissants du concept d’acceptabilité sociale, aujourd’hui nécessaire à la réalisation des projets? Le cheminement des grands projets et des innovations doit aujourd’hui nécessairement passer le test de l’assentiment des citoyens pour assurer sa légitimité. Mais trouver un terrain d’entente entre des visions en apparence diamétralement opposées est loin d’être évident. Les enjeux sont multiples et les interlocuteurs pluriels. Les visions du progrès sont également multiples et divergent beaucoup entre ce qui est offert et ce qui est souhaité. De ce fait, les décideurs et les promoteurs de projets font de plus en plus face à des contestations organisées. Loin d’apaiser les tensions, tenter d’informer et de convaincre les protestataires du bien-fondé des projets n’est parfois plus suffisant pour garantir l’assentiment des populations, voire la réalisation de ceux-ci. Cependant, pour assurer la réalisation des projets, les controverses doivent être explicitées. C’est à travers le dialogue entre les groupes que des terrains d’entente deviennent possibles et permettent de bonifier des projets grâce à différents types d’expertises, à la fois formelles et informelles. Autrefois confiné aux sphères scientifiques et industrielles, le dialogue autour de ces enjeux s’élargit pour inclure plus d’acteurs, dont la population civile et les groupes concernés. L’expertise citoyenne se développe donc pour apporter une autre voix au cœur des débats entourant ces grands projets et l’innovation. À travers ce colloque, nous voulons mettre en lumière, d’une part, les trajectoires de l’acceptabilité sociale concernant les controverses sociotechniques, et d’autre part, les modalités du dialogue social entre les acteurs gravitant autour de ces mêmes projets.
Titre du colloque :