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Caroline Fitzpatrick : Université de Sherbrooke
Les enfants nés dans le nouveau millénaire ont un accès sans précédent aux écrans. Ceci fait en sorte que la majorité des enfants dépassent les limites de temps d'écran proposées par les sociétés pédiatriques et de physiologie de l’exercice. Quelles sont les conséquences de l’exposition aux écrans durant les années préscolaires et plus tard durant l’enfance? Les contenus violents posent-ils des risques additionnels sur la santé des enfants? Quel rôle le contexte familial joue-t-il sur l’effet de la consommation des médias? Lors de cette présentation nous ferons le point sur l’état des connaissances scientifiques sur le lien entre l’usage des écrans et le développement physique, cognitif-linguistique et social des enfants et adolescents. Les résultats présentés seront contextualisés en fonction de leurs implications dans le développement de stratégies et de lignes directrices pouvant favoriser le bien-être numérique des enfants et des familles.
Au Québec comme ailleurs, la culture numérique caractérise désormais notre quotidien, et marque particulièrement celui des enfants et des adolescents (Fluckiger, 2014). À la suite d’une enquête menée auprès de parents, il est estimé que les jeunes âgés de 12 ans et plus consomment en moyenne 7,47 heures par jour de contenu numérique (Rideout, 2015). Considérant la particularité de leur développement sur les plans socioaffectif et identitaire, la relation au numérique des enfants et des adolescents est vue comme une caractéristique sociale incontournable et un objet d’étude nécessaire.
La construction d’un portrait critique et nuancé de l’environnement numérique s’impose donc comme un enjeu de bien-être chez les enfants et les adolescents. Or, cette démarche fait face à des défis méthodologiques considérables (Collin, Guichon et Ntebutse, 2015). D’une part, l’omniprésence du numérique et l’évolution rapide de ses usages en font un objet d’étude difficile à saisir (Wilmer et coll., 2017). D’autre part, la grande diversité d’usages au sein même de la culture numérique est une composante peu explorée (Collin, 2017). Enfin, la pluralité des méthodes employées dans la production de connaissances, additionnée à un accès et à un usage inégalitaires du numérique dans la population, limite considérablement la portée des conclusions actuelles.
Enfin, à ces importantes limites à la connaissance se présente le défi de formuler des recommandations et des stratégies justes et balancées à l’égard du numérique. Cette problématique est d’autant plus saillante que le ministère de l’Éducation a lancé, cette année, le Cadre de référence sur la compétence numérique pour les élèves et les étudiants, répondant par ailleurs à la Stratégie de transformation numérique du Québec. Ainsi, alors que de nombreux acteurs sociaux tentent de mieux encadrer le numérique dans la vie des jeunes, la formulation d’un état des lieux critique et nuancé constitue une visée de plus en plus nécessaire.
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