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Emmanuelle Larocque : Université d'Ottawa
La crise climatique représente « l’enjeu le plus important de notre époque » et, bien qu’elle n’épargne personne, ses effets sociaux affectent d’emblée les populations marginalisées. En effet, les travailleur.e.s sociaux occupent une position privilégiée pour jouer un rôle de passeur.euse d’information et de créateur.trice de liens sociaux sur le sujet de l’écologie. Sur le plan théorique, le travail social commence à établir des lignes directrices pour répondre aux effets sociaux de la crise climatique. Cependant, les intervenant.e.s demeurent peu outillé.e.s au niveau de la praxis. En se basant sur des données recueillies auprès de jeunes militant.e.s écologistes, cette présentation vise à identifier certains des enjeux propres à la jeunesse et à suggérer des pistes de solutions possibles pour l'intervention écosociale. Ainsi, deux approches collaboratives (l'intervention psychosociale par le yoga et l'intervention par le sport et le plein-air), mettant en valeur une éthique environnementale et examinant les rapports humain/nature, seront présentées pour illustrer comment elles offrent des conditions favorables à la gestion de l’éco-anxiété et à l’action écologique. En effet, les récits des jeunes militant.e.s. montrent que ces deux éléments sont à prendre en considération pour comprendre et favoriser la mise en œuvre d’un processus d’appropriation de la transition-sociale écologique en travail social
S’il est aujourd’hui admis que l’humanité court à sa perte en raison d’une crise socioécologique d’envergure, des projets de société postcapitaliste, postcroissance ou postpétrole s’organisent partout dans le monde pour éviter l’effondrement des systèmes à la base de toutes les formes de vie sur Terre. Fondées sur des critiques du développement et des préoccupations écologiques, des solutions de rechange au néolibéralisme sont proposées par divers acteurs de la société civile. Amorcer une transformation en profondeur des modes de pensée et d’agir s’impose et donne cours à des propositions théoriques et à des initiatives multiformes se structurant autour du concept de transition écologique (TE). Elles cherchent à redonner du pouvoir aux communautés en imaginant d’autres possibles. Suggérant un changement sans précédent de société, la TE « se pense et s’expérimente » sur le terrain de diverses manières. Pourtant, ces démarches se heurtent à des modes de vie bien ancrés et à un fort enracinement des sociétés modernes dans une logique productiviste et de surconsommation. La tension est donc perceptible entre les pratiques citoyennes « vertueuses » et la puissance d’un marché reposant sur la dilapidation des ressources planétaires. Notre colloque propose de donner une voix aux multiples visages de la TE qui émergent dans les domaines de l’énergie et de l’agroalimentaire, dans les façons de produire ou de se déplacer, en même temps qu’il interroge les conditions de possibilité d’un renversement anthropologique et économique qui pourrait réduire la catastrophe en cours. La TE est d’abord abordée selon les perspectives de l’éducation à l’environnement et de l’intervention sociale, qui accompagnent les initiatives émergentes, les interprètent et leur donnent sens, mais également sous l’angle de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, à partir de réflexions critiques qui peuvent soutenir les populations dans leur apprentissage de solutions porteuses d’espoir.
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