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De la naissance d’un laboratoire vivant à la création d’une coopérative

SG

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Sylvain Giroux : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Résultat de 7 ans de démarches par le Centre de réadaptation-Estrie (CRE) et le laboratoire Domus de l’Université de Sherbrooke (UdeS), un laboratoire vivant était inauguré en 2011 par la construction d’une résidence alternative de 10 logements intelligents pour traumatisés crâniens. Sa gestion est partagée entre la Fondation du CRE, le CRE, une OBNL et l’UdeS. À partir de 2012, un premier projet de co-création y a impliqué résidents, famille, intervenants, administrateurs et chercheurs (informatique, ergothérapie, orthophonie, ergonomie et design industriel). Suite à une étude d’évaluation et de priorisation des besoins, COOK, un assistant cognitif pour la préparation de repas, a été co-conçu. Trois résidents cuisinent maintenant de manière autonome. Les intervenants ont modifié leur perception des résidents. La structure des loyers et les services ont été impactés. Une approche méthodologique interdisciplinaire intégrant technologie, clinique et implantation dans les organisations a été développée. Depuis 2016, cette approche a été appliquée pour les personnes âgées fragiles au domicile, dans des résidences pour personnes âgées et dans une municipalité, impliquant des CI(U)SSS, des fondations, des entreprises privées et de nouvelles disciplines. Un système de supervision des activités de la vie quotidienne a entre autres été co-réalisé. En 2018, une coopérative de solidarité sans but lucratif a été mise sur pied pour rendre disponible nos résultats au plus grand nombre.

Résumé du colloque

En tant que nouvelle approche cherchant à résoudre des problématiques sociales complexes, les living labs (laboratoires vivants) se distinguent par leurs objectifs de participation et de coconstruction positionnant les citoyens et les usagers au centre de leurs démarches (Scaillerez et Tremblay, 2017). L’un des objets de la méthode semble alors être celui de contribuer à la réappropriation de son pouvoir décisionnel par les citoyens et les usagers. Permettre au plus grand nombre de participer à la réflexion fait aussi des living labs une approche qui contribue à admettre que certaines ressources (naturelles, Ostrom, 1990; ou intellectuelles, Hess et Ostrom, 2007) appartiennent à tous et font partie des communs (Hess, 2008).

La conduite des processus living labs doit toutefois composer avec des défis de type institutionnel et méthodologique (Therrien et Normandin, accepté). En matière de défis institutionnels, les living labs sont notamment influencés par les rapports de pouvoir préexistants entre les acteurs ainsi que par les conflits de valeurs et d’intentions entre les diverses parties prenantes (citoyens, fonctionnaires, représentants d’organismes communautaires et d’organisations privées, chercheurs, etc.). Ce rééquilibre à la faveur du citoyen et des ressources communes n’est donc pas encore un acquis et nécessite d’être (re)questionné pour en asseoir la suprématie.

Pour gérer ses aspects, les living labs se concentrent sur la conduite de leurs processus et le développement d’objets-frontières, mais la méthode doit elle-même composer avec des obstacles quant à la combinaison des savoirs scientifiques et expérientiels et les remises en question propres à la réalisation d’un processus d’hyperréflexivité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Geneviève Baril Sylvain Giroux
section icon Date : 4 mai 2021

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