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Margaux Nève : EHESS
Dans cette communication, je propose d’analyser différents parcours de soins de personnes atteintes d’endométriose. Plus spécifiquement, je souhaite étudier le rapport entre la ou le malade et les soins médicaux proposés à travers les questions suivantes : quand est-ce que la demande de prise en charge médicale est formulée par le ou la malade? Quand et pour quelles raisons est-ce que le ou la malade remet en question l’avis médical ? Comment est-ce que la ou le malade se réapproprie le soin ou le traitement ? Le continuum de la demande de soin jusqu’à son rejet met en avant des rapports de pouvoir. Ces rapports de dépendance et de mise à distance s’articulent en fonction des parcours de soin mais également des profils sociaux économiques. Je regarderai plus particulièrement comment le genre et l’orientation sexuelle viennent jouer un rôle dans ce continuum. Au-delà de l’analyse d’un rejet, il sera question d’étudier comment le traitement ou la prise en charge médicale plus généralement peuvent faire l’œuvre de stratégies de réappropriation et de résistance. Ma recherche se base sur deux sources principales : une trentaine
d’entretiens avec des personnes atteintes d’endométriose et des observations de consultations gynécologiques en milieu hospitalier. J’ai conduit mes entretiens avec plusieurs personnes transgenres et lesbiennes.
Ce colloque rassemble des contributions issues des études féministes de la santé. L’espace politique de la santé ne cesse de croître et de déployer ses effets, notamment en ce qui concerne les normes de genre et de sexualité. Les recherches féministes sur cet espace prennent en compte les rapports de pouvoir qui le traversent en s’intéressant à la façon dont les savoirs et les pratiques de santé sont institués et instituent des normes de genre, ainsi qu’à la façon dont l’expérience de soin et les ressources en santé sont façonnées par les rapports sociaux de sexe et d’autres rapports de pouvoir, tels ceux de classe et de race. Ce colloque réunira des contributions qui s’interrogent sur les enjeux féministes des pratiques, des politiques et des savoirs de la santé.
Nous avons invité les contributions à travailler de manière critique la notion de santé et à prendre en compte les processus sociaux, politiques, scientifiques et professionnels qui produisent les définitions et les pratiques de la santé. Pour saisir l’emprise globale de la santé comme champ d’expertise, comme terrain de pratiques et comme valeur culturelle, les travaux peuvent porter sur les soins et l’organisation du travail de santé, y compris la santé publique et la santé mentale, sur les pratiques alternatives de santé, sur les mobilisations, notamment féministes, en lien avec la question de la santé, sur les controverses et les résistances aux institutions de santé, de même que sur la diffusion des discours sur la santé (y compris mentale) en dehors du champ traditionnel de la santé (médias, groupes de femmes, de patient.e.s, etc.). Les communications articulant ces enjeux autour de la période actuelle de pandémie sont également bienvenues. Nous considérerons les contributions de toute discipline, mais attendons des contributions qui usent des sciences sociales comme d’un outil de déconstruction des évidences prétendues naturelles qu’on associe à la notion de santé ainsi qu’à la notion de sexe biologique.
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