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Emilie Nollet : Université Saint-Paul
L’hédonisme alternatif consiste au fait de prendre plaisir à la simplicité volontaire et au refus de consommer. Avec la sensibilisation croissante de la société en ce qui a trait aux impacts néfastes de la crise environnementale et à ses origines, le nombre d’organisations offrant des biens et services adhérant aux idéaux de l’hédonisme alternatif se multiplie. Cette multiplication, à son tour, peut avoir pour effet d’entraîner des tensions entre ceux cherchant à consommer de manière éthique – généralement des individus éduqués et issus des classes dominantes – et ceux n’ayant pas les moyens ou l’aptitude de se priver de la manière valorisée par le premier groupe afin de prouver son engagement à solutionner les crises environnementales et sociales en cours. Si l’on désire une société cohésive et un climat sain, dans un contexte de crise écologique, il pourrait être utile de chercher à mettre sur pied des organisations étant non seulement capables de tenir compte de contraintes écologiques, mais détenant également le potentiel de démocratiser l’accès à leurs produits et services. Cette présentation partagera une recension des écrits ayant été effectuée dans le cadre d’une thèse portant sur la mise sur pied d’une organisation en écoalimentation étant socialement inclusive et expliquant pourquoi les individus désaffiliés ne se sentent pas interpellés par certaines organisations promouvant une philosophie s’apparentant à l’hédonisme alternatif.
D’aucuns suggèrent que nous vivons une crise multidimensionnelle, notamment écologique, sociale et institutionnelle. Si les entreprises privées sont parfois présentées comme des coupables, d’autres leur reconnaissent un rôle essentiel dans la résolution des enjeux sociaux et écologiques auxquels fait face le monde. Historiquement, c’est à travers le concept de responsabilité sociale des entreprises (RSE) que l’engagement des entreprises au développement durable a été conceptualisé. Essentiellement, la RSE appelle à revoir la conception traditionnelle des entreprises selon laquelle celles-ci sont uniquement économiques, pour en faire des acteurs de changement qui intègrent le développement durable dans leur mission, leurs pratiques et leurs décisions. Si la RSE était, au mieux, mentionnée dans quelques rapports annuels dans les années 1980, elle occupe aujourd’hui un rôle essentiel dans les objectifs stratégiques, les discours et les rapports annuels des entreprises.
Parallèlement à la démocratisation de la RSE se sont développées de nouvelles formes organisationnelles visant à créer de la richesse de manière plus durable et plus respectueuse de la société et de l’écologie : les coopératives, l’entrepreneuriat social, l’entrepreneuriat vert, les entreprises hybrides et les « B Corps » en sont de bons exemples. Ces organisations utilisent les mécanismes du marché pour résoudre des problèmes sociaux chroniques et contrer la dégradation de l’environnement, brouillant ainsi la frontière traditionnelle entre entreprise à profit et organisation à but non lucratif. Les organisations hybrides ne rejettent pas le profit ni la croissance; les profits sont le moyen par lequel elles peuvent accroître leur impact social et écologique. Cependant, ces nouvelles réalités posent d’importants défis stratégiques, notamment en matière de conciliation des logiques marchande et civique, et de gestion des tensions organisationnelles liées aux prises de décision quotidiennes lorsque les solutions semblent paradoxales.
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