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Consuelo Vasquez : UQAM - Université du Québec à Montréal
Suite aux récents appels à désoccidentaliser le domaine de la communication (e.g., Enghel & Becerra 2018), nous partons du principe que, pour approfondir notre connaissance du rôle constitutif de la communication, il faut changer le lieu d’énonciation à partir duquel cette connaissance est générée. Dans le cadre de notre communication, nous allons exposer, de façon similaire à Torrico (2016), que l’Amérique latine est un lieu singulier d’énonciation de la communication qui peut apporter un autre regard sur son rôle constitutif. En effet, nous pensons que la région offre une position à partir de laquelle une réinterprétation de la conception euro/étatsuniennes de la communication peut être réalisée. Dès lors, nous présenterons plus en détail la pensée communicationnelle critique latino-américaine, et la manière dont elle a été traduite en communication organisationnelle. Nous aborderons ensuite la manière dont cette pensée critique nous permet de réinterroger le rôle constitutif de la communication, en soulignant les apports d’une perspective latino-américaine aux perspectives de CCO. À cette fin, nous problématiserons l’idée de "donner une voix", identifiée par Winkler et Bencherki (2020) comme un dénominateur commun dans les tendances émergentes des approches CCO qui cherchent à inclure les questions de changement social dans la recherche.
La recherche sur la communication constitutive des organisations : quelles spécificités théoriques, méthodologiques et pratiques en marge des courants anglo-saxons?
Au cours des dernières années, plusieurs chercheurs et chercheuses en communication organisationnelle, avec parmi eux de nombreux Québécois et Français, ont proposé l’idée que la communication est constitutive des organisations (CCO), une perspective surtout portée par les textes anglo-saxons. Si le terme CCO a été consacré au tournant du siècle par des chercheurs américains, l’influence francophone des 20 dernières années, même plus, sur ce courant est indéniable. De fait, on peut faire remonter l’émergence de l’approche constitutive à l’ouvrage de 1988 de James R. Taylor, Une organisation n’est qu’un tissu de communications, et repérer l’influence de la philosophie et de la sociologie de langue française, notamment les écrits de Bruno Latour, la narratologie de Greimas et la philosophie de Derrida ou de Gilbert Simondon. En parallèle, en France, les « approches communicationnelles des organisations » (ACO) se sont développées pour comprendre l’organisation par la communication, en donnant un pouvoir explicatif « à la construction et au partage du sens, à l’interprétation, aux cadres de pensée et aux représentations » (Bouillon et al., 2007).
Alors que les approches constitutives s’institutionnalisent et sont de plus en plus reconnues, même au-delà des frontières de la communication organisationnelle, et que 20 ans ont passé depuis que le terme CCO a été proposé, il est temps d’explorer, voire de valoriser la spécificité de la recherche autre qu’anglophone dans le domaine.
Notre intention n’est pas ici de donner lieu à une confrontation ou d’opposer la production anglo-saxonne aux autres, mais bien d’en montrer les différences, les convergences, les chemins de traverse et les innovations, de façon à, in fine, enrichir le spectre des connaissances entourant les approches CCO.
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