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Alexandre Pace : Université Concordia
Pour déterminer si le changement climatique anthropique affecte le climat d’une région, de longues données instrumentales sont requises mais en Gaspésie intérieure, elles sont particulièrement brèves. Les données sur le climat et l’écoulement des eaux y remontent en effet seulement à l’année 1960. Les régions montagneuses sont reconnues comme étant particulièrement sensibles aux changements climatiques anthropiques. Les reconstitutions climatiques basées sur l’analyse de cernes d’arbres, relativement rares dans les monts Chic-Chocs et McGerrigle, permettent pourtant de déduire des données plus anciennes sur une base annuelle ou même sous-annuelle. Nous présentons ici les résultats finaux pour 6 sites de cèdres blancs (Thuja occidentalis) dans une vallée fluviale et pour 3 sites à la limite altitudinale des arbres, dont 2 d’épinettes noires (Picea mariana) et 1 d’épinette blanche (Picea glauca). Les données couvrent collectivement les derniers 456 ans. Cinq des sites présentent un important signal de haut débit estival de la rivière Sainte-Anne et un des sites localisés à la limite des arbres traduit une réponse à la température moyenne de fin d’été. Ces reconstitutions climatiques et hydrologiques pourraient être utiles pour la gestion de la flore et de la faune du Parc national de la Gaspésie, particulièrement pour le caribou, une espèce en voie de disparition, et pour les pêcheries de saumon de la rivière Sainte-Anne.
Le thème de ce colloque portera sur les changements environnementaux et climatiques depuis la fin de la dernière période glaciaire jusqu’à aujourd’hui dans l’est de l’Amérique du Nord. En plus de la recherche sur les changements environnementaux, notre colloque sollicitera également des contributions sur le rôle des peuples autochtones et non autochtones dans la formation des paysages de cette région — grâce à des activités comme le défrichement et l’agriculture — et sur la façon dont ces peuples se sont adaptés au climat naturel et aux variations environnementales. Au cours des 20 000 dernières années, l’est de l’Amérique du Nord a été une région très dynamique qui a connu des changements environnementaux considérables, notamment la fonte de l’Inlandsis laurentidien, la migration des plantes et des animaux après la déglaciation, ainsi qu’une histoire longue, dense et complexe d’établissements humains et d’utilisation des terres. De plus, cette région possède une multitude de lacs, de tourbières et d’autres archives naturelles qui fournissent une richesse de données paléoenvironnementales de haute qualité. En adoptant une perspective à long terme et en nous concentrant sur la recherche entreprise à l’aide d’une gamme d’indicateurs substitutifs (p. ex., pollen, charbon de bois, diatomées, cernes d’arbres, etc.), nous espérons que notre colloque nous permettra de mieux comprendre les mécanismes à l’origine des variations climatiques naturelles ainsi que les interactions humaines avec leur environnement sur plusieurs périodes et échelles. Bien que nous sollicitions des études entreprises à l’aide de données indirectes plus traditionnelles, nous nous intéressons également à la recherche réalisée à l’aide de nouvelles méthodologies et approches, ainsi qu’aux études à grande échelle au niveau régional fondées sur des bases de données paléoécologiques et archéologiques.
Titre du colloque :