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Émergence et régulation des émotions associées à la saisie du kairos en CRP

CP

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Claire Polo : Université Lumière-Lyon-II

Résumé de la communication

Les Communautés de Recherche Philosophique (CRP) sont structurées par deux mouvements potentiellement contradictoires : 1) guider les élèves, via les processus de conceptualisation, problématisation, argumentation (Tozzi, 2012) vers des définitions ou distinctions philosophiques classiques (Polo, 2017) ; 2) prendre au sérieux toute pensée émergente, et saisir le kairos (Delille, Markevitch, Frieden, & Jeanmart, 2017, Pana-Martin, 2015). En pleine animation, ce dernier aspect n’est pas évident : il est parfois difficile de comprendre où les élèves veulent en venir sous des formulations floues, reflétant une pensée en construction. À partir d’enregistrements audiovisuels, a posteriori, nous nous proposons d’identifier ces épisodes de kairos, et de tenter d’améliorer les pratiques enseignantes, en nous focalisant sur les dimensions émotionnelles de ces moments clefs. En effet, les émotions manifestées dans un groupe jouent un rôle à la fois social et cognitif important dans le développement du raisonnement collectif (Polo et al., 2017). L’idée est de mettre en lumière les réactions émotives témoignant d’un élément disruptif, et la régulation émotionnelle qui en est faite par les élèves et l’animateur ou animatrice (et les stratégies didactiques associées). Notre corpus est constitué de 8 CRP présentant une diversité des publics, de contextes et de pratiques didactiques, et a été mis à disposition par le laboratoire LIDILEM (projet Phileduc).

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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