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« Est-il trop tard ? Une perspective socio-historique et critique sur la transition écologique »

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Simon Chaunu : Université Laval

Résumé de la communication

À l’heure où les appels des scientifiques et de la jeunesse se multiplient afin de pousser les gouvernements à initier une véritable transition écologique, il nous semble qu’il est nécessaire d’amener une perspective théorique et critique sur cette question. Pour cela, nous mobiliserons les résultats d’une enquête sociologique en cours.

Nous nous proposons ainsi de faire une mise en contexte historique, revenant sur les réussites et surtout les échecs de l’écologie politique au XXe, celle-ci ayant dû faire face aux mêmes obstacles qu’à l’heure actuelle. Plus spécifiquement, nous nous intéresserons à la pointe avancée de ce mouvement, ce que nous nommons la critique radicale de la civilisation industrielle. En effet, dès les années 1970 des intellectuels relevant de ce courant informel et marginalisé – Lewis Mumford, Jacques Ellul, Günther Anders, Ivan Illich – avait relevé que nos sociétés thermo-industrielles et techniciennes étaient engagées sur une trajectoire désastreuse et irréformable. L’espérance ne pouvant alors venir que d’un profond changement d’attitude existentiel, d’abord au niveau individuel, puis au niveau social.

De là, nous tenterons de tirer quelques leçons de cette histoire, afin de soutenir l’émergence en cours de nouvelles pratiques. Nous suggérerons aussi quelques réflexions sur ce que pourrait être une éducation à l’environnement intégrant cette critique, en nous inspirant des écrits précurseurs de Bernard Charbonneau sur le « sentiment de la nature ».

Résumé du colloque

S’il est aujourd’hui admis que l’humanité court à sa perte en raison d’une crise socioécologique d’envergure, des projets de société postcapitaliste, postcroissance ou postpétrole s’organisent partout dans le monde pour éviter l’effondrement des systèmes à la base de toutes les formes de vie sur Terre. Fondées sur des critiques du développement et des préoccupations écologiques, des solutions de rechange au néolibéralisme sont proposées par divers acteurs de la société civile. Amorcer une transformation en profondeur des modes de pensée et d’agir s’impose et donne cours à des propositions théoriques et à des initiatives multiformes se structurant autour du concept de transition écologique (TE). Elles cherchent à redonner du pouvoir aux communautés en imaginant d’autres possibles. Suggérant un changement sans précédent de société, la TE « se pense et s’expérimente » sur le terrain de diverses manières. Pourtant, ces démarches se heurtent à des modes de vie bien ancrés et à un fort enracinement des sociétés modernes dans une logique productiviste et de surconsommation. La tension est donc perceptible entre les pratiques citoyennes « vertueuses » et la puissance d’un marché reposant sur la dilapidation des ressources planétaires. Notre colloque propose de donner une voix aux multiples visages de la TE qui émergent dans les domaines de l’énergie et de l’agroalimentaire, dans les façons de produire ou de se déplacer, en même temps qu’il interroge les conditions de possibilité d’un renversement anthropologique et économique qui pourrait réduire la catastrophe en cours. La TE est d’abord abordée selon les perspectives de l’éducation à l’environnement et de l’intervention sociale, qui accompagnent les initiatives émergentes, les interprètent et leur donnent sens, mais également sous l’angle de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, à partir de réflexions critiques qui peuvent soutenir les populations dans leur apprentissage de solutions porteuses d’espoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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