Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sophie Gobert : Université Paris Cité
Jeux de signes au cœur de l’album Et si on inventait des nombres ?. Jeux de langage avec les expressions, mots et sons des nombres. Jeux graphiques avec les chiffres pour construire des personnages, objets ou attitudes.
Pour l’interpréter j’utilise les rapports entre symbolisme, réel et imaginaire, développés par la sémioticienne Nicole Everaert-Desmedt en appui sur les concepts de Peirce. Je m’appuie également sur la conception sémiotique de la transposition didactique développée par le didacticien François Conne. Dans cette perspective l’imagination constitue une ouverture dans le mouvement interprétatif, une telle ouverture est un effet du signe, et en particulier d’un signe iconique. Si l’imagination est une ouverture, la compréhension est une fermeture sur une habitude à penser-agir-sentir d’une certaine manière. Et les idées que l’explication évoque, explicitement ou non, sont le joint entre imagination et compréhension, sur lequel pourront s'effectuer des réinterprétations (Conne, 2006, 2008).
Ma lecture de l’album contribue ainsi à expliciter comment les jeux de signes font écho à des principes historiques de construction des nombres et au processus d’invention en mathématiques. Elle montre comment la rencontre de l’imaginaire et des codes « conduit à une nouvelle appréhension du réel, […] une nouvelle connaissance, une modification de la façon de penser, d’agir, de sentir […] » l’initiation aux nombres des jeunes enfants (Everaert-Desmedt, 1990, 2006).
Ce colloque pluridisciplinaire sur la sémiotique est organisé en collaboration avec l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université du Québec en Outaouais et DDV International – Tunisie.
L’approche sémiotique se situe aux fondements épistémologiques des savoirs scientifiques et de tout apprentissage humain, puisque le processus de construction et d’interprétation de signes est inhérent à la construction et à l’appropriation de connaissances. Par conséquent, cette approche paraît prometteuse, puisqu’elle permet au formateur d’engager l’apprenant dans une démarche dynamique d’appréhension du monde et, par ce fait même, de développer son autonomie. Notre colloque est articulé autour des enjeux liés à l’utilité et aux usages effectifs de la sémiotique dans divers contextes éducatifs, formels ou non formels, comme ceux de la formation scolaire ou universitaire et de la formation des adultes, notamment celle de l’alphabétisation. Ainsi ce colloque invite des acteurs du monde éducatif, formateurs, chercheurs et administrateurs qui utilisent ou veulent utiliser cette approche, à partager leurs expériences diversifiées, vécues ou envisagées, établissant un dialogue sur leurs avancées théoriques, méthodologiques et empiriques.
Les communications retenues s’inscrivent dans l’un des deux axes suivants, permettant d’organiser les discussions entre formation, recherche et pratique :
Axe 1 : Outils et méthodes permettant de mieux comprendre les processus de coconstruction d’un système de signes amenant l’apprenant à donner du sens à sa démarche d’apprentissage. Il s’agit d’examiner les conditions épistémologiques propices à une recherche conjointe de sens dans une lecture sémiotique de la situation d’apprentissage, afin que celle-ci soit porteuse de nouvelles connaissances ou compétences.
Axe 2 : Outils et méthodes permettant de mieux comprendre l’usage des concepts et outils d’analyse sémiotique. Il s’agit d’examiner la mise en œuvre de la tripartition du signe (indice, icône, symbole) dans une démarche éducative, qu’elle soit didactique, artistique ou de recherche, mettant en jeu des relations entre objets du monde dit réel, sa représentation matérielle et une construction d’idées, de mots au service de la conceptualisation et de la modélisation desdits objets.
Les propositions pour chaque axe s’attachent à dégager dans quelle mesure le développement d’une approche sémiotique, qui force à rendre explicite le processus de construction de connaissances, et plus spécifiquement le rapport au monde, comme un traitement sémiotique, contribue à une formation, à une autonomisation de la pensée ainsi qu’à un nouveau rapport à soi et au monde.
Titre du colloque :
Thème du colloque :