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Marie Beauchamp : Université de Sherbrooke
Parce que le marché du travail priorise les candidats ayant développé un savoir-être conforme à leurs attentes (Theurelle-Stein et Barth, 2017), cette dimension de l’apprentissage est prise en compte dans les programmes techniques en enseignement supérieur au collégial. Outre le fait que les modèles permettant d’évaluer le savoir-être sont rares, plusieurs questions demeurent vives : Comment identifier cet objet d’apprentissage (Scallon, 2004; Tardif, 2003) que nous définissons par ailleurs difficilement (Bellier, 2004)? Comment conjuguer avec la subjectivité des enseignants et des maitres de stage? Comme les éléments décrivant le savoir-être font référence à la personnalité (Bellier, 2004; Scallon, 2004) et qu’ils influencent la manière d’être avec l’autre (Jutras, 2018), est-ce possible d’évaluer le savoir-être dans une approche par compétences? Un projet d’intervention s’appuyant sur une méthodologie de recherche-action-formation (Dumoulin, Garant et Larouche, 2013) a permis la mise en œuvre d’un processus qui prend en compte le savoir-être dans l’évaluation des compétences et s’appuie sur le jugement professionnel. Précédée d’une analyse de besoins de formation (Roussel, 2011) réalisée auprès de six enseignantes du collégial, la mise en place d’un dispositif d’accompagnement au sein d’une communauté d’apprentissage (Savoie-Zajc, 2005, 2007, 2010) a permis la coconstruction d'un processus, transférable dans les autres programmes de la formation technique au collégial.
Le rapport du Conseil supérieur de l’éducation (2019), portant sur les perspectives de l’enseignement collégial après ses 50 années d’existence, présente certains enjeux et défis pour cet ordre d’enseignement.
Tout d’abord, si historiquement le collégial a permis à toute une génération d’étudiants d’accéder aux études supérieures, force est de constater qu’il persiste des inégalités d’accès pour certains publics étudiants. Comment l’enseignement collégial peut-il répondre aux besoins de ces apprenants? Quelles approches, quelles mesures, quels moyens contribuent à l’amélioration des apprentissages des étudiants, et ce, peu importe leur provenance ou leurs caractéristiques individuelles?
Par ailleurs, les taux de réussite, de persévérance et de diplomation semblent connaître une certaine stagnation. L’aspect éthique qui découle de cette observation suscite de nouvelles questions. Considérant que la population étudiante se modifie, devrait-on définir les indicateurs en considérant ce changement? Peut-on expliquer ce seuil critique qui semble atteint?
Ajoutons la question des parcours scolaires qui sont de plus en plus flexibles et personnalisés, des compétences à développer pour répondre aux besoins de la société et de la prédominance du numérique dans tous les domaines de la société. Comment peut-on organiser les programmes de formation pour qu’ils demeurent agiles? Quels sont les incontournables à inclure dans la formation de ces professionnels en développement? Comment peut-on les préparer pour l’avenir? Comment peut-on soutenir le personnel pédagogique qui doit se pencher sur ces questionnements?
Afin de poursuivre la réflexion entamée par le Conseil supérieur de l’éducation (2019), ce colloque réunit des chercheurs et des praticiens-chercheurs afin de réfléchir à ces questions tout en ouvrant la réflexion à d’autres enjeux et défis touchant à l’enseignement et à l’apprentissage au collégial.
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