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Exercer sa citoyenneté façon web 2.0 Observation des interactions des jeunes sur Facebook autour de questions socialement vives

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Claudia Leblanc : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

La prolifération d’informations circulant sur le web fait que la difficulté à distinguer les savoirs scientifiques des savoirs de sens commun devient une tâche de plus en plus complexe. Si l’exercice de la citoyenneté nous oblige à nous informer afin de participer activement aux débats sociaux et agir en conséquence, force est de constater que la prudence à l’égard des informations diffusées dans les divers médias est de mise. Il importe ainsi que le citoyen déploie son pouvoir d’agir par, sur et avec les savoirs, soit son agentivité épistémique.

Notre recherche s’est intéressée aux interactions des jeunes du 2e cycle secondaire et des jeunes étudiants postsecondaires sur Facebook, sur des groupes ou des pages publiques, autour de questions socialement vives. Facebook est un média social permettant la discussion entre les participants. Nos résultats montrent que les jeunes posent certaines actions liées à l’agenvitié épistémique. Les jeunes participent aux débats, hors du contexte scolaire, sans obligation de commenter. Ainsi, dans une perspective citoyenne, nous constatons que des jeunes s’engagent dans les débats de société, notamment en argumentant autour et par des savoirs qu’ils et elles puisent dans les médias. Les médias sociaux semblent être un vecteur favorisant l’interaction entre les jeunes autour de questions socialement vives, leur permettant de développer des compétences liées à l’agentivité épistémique, à l’esprit critique et à l’implication citoyenne.

Résumé du colloque

Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?

Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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