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Gwendoline L'her : ENSA Nantes
À partir d’un travail ethnographique sur l’initiative Ambassad’air de la Ville de Rennes initiée en 2016, nous proposons de rendre compte d’un usage des microcapteurs de la qualité de l’air dans l’action publique urbaine. L’opération consiste à confier des capteurs mobiles de particules fines à des habitants afin de les sensibiliser à la problématique de la pollution atmosphérique et à les encourager à réfléchir, ainsi que leur entourage, sur les comportements favorables à la qualité de l’air qu’ils pourraient adopter. Le projet se caractérise par la présence de non-professionnels des sciences et par la rencontre de milieux à la marge des institutions productrices de savoirs (monde académique, expertise, etc.). La visée pédagogique et normative de l’expérimentation ainsi que les asymétries entre les acteurs ont progressivement éloigné la métrologie d’une perspective de production d’un savoir sur l’environnement telle que le pratiqueraient les sciences participatives et les observatoires citoyens. Sur le terrain, les personnes en charge d’Ambassad’air revendiquent cette posture non scientifique de la métrologie déployée par le projet. Nous proposons d’interroger cette revendication et nous reviendrons sur les frictions entre les milieux présents dans la démarche Ambassad’air. Pour cela, nous nous intéresserons aux répertoires de participations qui cadrent l’expérience des habitants, déplacent les rôles des acteurs institutionnels et affectent les pratiques de métrologie.
Le monitoring des dégradations de l’environnement dans nos sociétés connaît un tournant depuis une trentaine d’années avec la montée d’une expertise citoyenne. Dans le domaine de l’hydrologie, de la pollution de l’air ou encore de l’érosion de la biodiversité, on constate la réunion de conditions, sociales et techniques, pour que des citoyens s’engagent dans l’action militante par la collecte de données et le suivi cognitif de l’évolution de leur environnement.
Au congrès de l’Acfas 2017, un colloque sur les sciences à l’ère numérique avait réuni des travaux sur la question des sciences participatives dans le contexte de connaissance de la biodiversité. En avril 2018 à Paris, un autre colloque intitulé « Capteurs et sciences participatives » traitait plus particulièrement de la mesure citoyenne des pollutions. Le présent colloque vise, sous le terme générique de « monitoring citoyen », à développer les enjeux sociopolitiques et épistémiques communs à ces nouvelles formes d’implication populaire dans l’observation de la nature et dans le suivi des pollutions. Quels sont les effets de la participation élargie sur l’expertise? La pratique citoyenne répond-elle aux promesses de transparence et d’empowerment définies dans le cadre de la « société de la connaissance »?
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