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Mickael Idrac : Université de Montréal
Depuis la chute du régime libyen et l’aggravation du conflit syrien, les dynamiques d’encampement (Agier, 2014) se multiplient en Europe. La mise en place de l’approche Hotspot a entraîné l’érection de « formes-camps » (Agier, 2014) où les dynamiques éducatives se développent sur fond de désengagement de la part des pays hôtes. Le rapport de synthèse du programme de recherche Evascol (Armagnague et Rigoni, 2018) mené en France questionne également la pertinence de la catégorisation des enfants. Paradoxalement, cette dimension est mieux comprise dans des structures que l’on trouve dans les camps et ma communication envisage de répondre à la question suivante : Comment transformer l’école encampée en étape positive du parcours migratoire ?
Mes données proviennent d’enquêtes réalisées à Calais, en Grèce, Italie, Macédoine et Serbie entre février 2016 et août 2019. J’ai effectué des visites de camps, observations de classes et entretiens semi-directifs avec un vaste panel de parties prenantes (ONG, ONU, mairies, politiques…). Ma recherche s’appuie sur la sociologie de l’interaction (Goffman, 1974) et des institutions totales (Goffman, 1968) pour conclure que l’école peut devenir un objet permettant détotaliser le camp (Idrac, 2019). Mes résultats plaident pour l’apparition d’un nouveau type de structure modélisé en écho à la forme-camp et qui serait la forme-école.
L’arrivée des personnes réfugiées syriennes, puis celle de personnes demandeuses d’asile venues des États-Unis, a marqué le Québec ces dernières années. Les milieux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que les instances juridiques se trouvent dans l’urgence de répondre aux multiples besoins de ces populations. Pourtant, alors que les représentations de l’opinion publique sur ce sujet deviennent plus négatives, il devient urgent d’élaborer des solutions dans le champ social qui tiennent compte de la transformation des dynamiques locales et globales et qui misent sur les ressources québécoises dans ce domaine. Or, les recherches menées auprès de personnes réfugiées et demandeuses d’asile montrent l’importance de l’environnement humain sur le développement de leur bien-être et soulignent ainsi l’importance de l’accueil et de la vie postmigratoire de ces familles. Ce colloque multisectoriel rassemble des chercheurs universitaires de disciplines et de champs variés (éducation, psychologie, travail social) et des praticiens des milieux de l’éducation, de la santé mentale, de l’organisation communautaire œuvrant auprès des familles réfugiées et demandeuses d’asile. Il vise à créer un espace de réflexion et de mobilisation de connaissances théoriques, empiriques et pratiques et tend vers une compréhension interdisciplinaire et systémique de la réalité des familles immigrantes, réfugiées et demandeuses d’asile, ainsi que la promotion de pratiques et de stratégies favorisant leur bien-être psychosocial et leur intégration à la société d’accueil.
Titre du colloque :