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« Faire plus que du bricolage » : le soutien aux parcours d’insertion professionnelle des demandeurs d’asile dans la région de Québec

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Aline Lechaume : Université Laval

Résumé de la communication

Au cours des quatre dernières années, des dizaines de milliers de personnes ont fait une demande d’asile sur le territoire québécois dont la plupart occupent désormais un emploi. Ces demandeurs d’asile sont longtemps restés dans l’ombre jusqu’à ce que la pandémie lève le voile sur les conditions hautement précaires dans lesquelles ces travailleurs « essentiels » et invisibles évoluent sur le marché du travail et dans la société. Leur arrivée avait, il y a quelques années, alimenté la scène médiatique du Québec, et polarisé les opinions entre la crainte collective des coûts autant monétaires que sociaux engendrés par l’accueil de ces personnes non sélectionnées et la volonté de préserver la tradition d’accueil et d’ouverture de la société canadienne envers les personnes vulnérables, dont les demandeurs d’asile. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, on assiste à une prise de conscience collective de l’importance de ces travailleurs dans la société québécoise, mais sans pour autant soutenir les parcours d’insertion professionnelle de ces demandeurs d’asile qui n’ont pas accès aux programmes d’aide à l’emploi. La communication portera sur les résultats préliminaires d’une recherche réalisée en 2020 auprès d’intervenants de la région de Québec et documentera les obstacles à l’insertion socioprofessionnelle de ces migrants à statut précaire.

Résumé du colloque

Ce colloque vise un débat interdisciplinaire sur les questions touchant à l’état de santé et au bien-être des personnes réfugiées, des demandeurs d’asile et des sans-papiers, au Québec et ailleurs, ainsi qu’aux enjeux sociaux s’y rattachant. Il examine les stratégies que ces personnes mettent en œuvre de même que celles déployées par les professionnels au sein des organisations et des institutions pour favoriser leur intégration. Depuis de nombreuses décennies, le Québec accueille un nombre important de réfugiés. Ces dernières années, les demandeurs d’asile et les personnes sans statut sont en croissance sur le territoire. Leurs conditions sont particulièrement préoccupantes. D’une part, les demandeurs d’asile n’ont pas accès à l’éducation subventionnée, au soutien financier pour la francisation et à des soins de santé courants (MIDI, 2017). Leur situation sur le marché du travail est particulièrement précaire, d’autant plus qu’ils sont plus susceptibles de vivre « certaines formes d’exploitation au travail » (Arsenault, 2019). D’autre part, les personnes sans statut constituent un groupe de la population dont la situation est sous-documentée, du fait que leur présence sur le territoire n’est pas légalement reconnue. Quel que soit leur statut, il est démontré que le vécu et le parcours migratoire peuvent avoir un effet traumatique sur leur santé physique et psychologique, ce qui n’est pas sans conséquence sur le processus d’adaptation à la société d’accueil (Carlsson et Sonne, 2018). Par ailleurs, l’actuelle pandémie de COVID-19 n’est pas sans conséquence sur le parcours d’insertion de cette population particulièrement vulnérable, de même que pour les professionnels et les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux. Enfin, bien que le ministère de l’Immigration ait récemment élargi les critères d’admissibilité à l’ensemble des services, il appert que les mandataires de ces services n’ont pas toujours les ressources humaines ni l’expertise nécessaires pour répondre aux besoins particuliers de cette population.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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