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Suzanne Gagnon : Université Laval
Le travail avec un interprète pour contourner la barrière linguistique lorsqu’elle se présente est devenu commun dans les institutions de la santé. Or, la grande majorité des interventions interprétées l’est encore avec des interprètes non formés, souvent des proches du patient. Ce projet collaboratif entre un organisme communautaire, une clinique pour réfugiés et une équipe de recherche, avait comme objectif de former des interprètes et de les intégrer à temps plein dans la clinique, tout en observant les effets de cette intégration. Nous avons choisi les réfugiés du Bhoutan (népalophones) qui selon les prévisions ministérielles allaient représenter 80 % de la clientèle de la clinique pendant la durée du projet (1 an). Bien que le niveau d’éducation des personnes recrutées et le petit nombre de patients bhoutanais aient mis le projet à mal (les projections ministérielles ayant été démenties en raison de circonstances géopolitiques changeantes), l’intégration des interprètes au sein de l’équipe clinique s’est avérée bénéfique pour le travail des intervenants et la santé de cette population.
Ce colloque vise un débat interdisciplinaire sur les questions touchant à l’état de santé et au bien-être des personnes réfugiées, des demandeurs d’asile et des sans-papiers, au Québec et ailleurs, ainsi qu’aux enjeux sociaux s’y rattachant. Il examine les stratégies que ces personnes mettent en œuvre de même que celles déployées par les professionnels au sein des organisations et des institutions pour favoriser leur intégration. Depuis de nombreuses décennies, le Québec accueille un nombre important de réfugiés. Ces dernières années, les demandeurs d’asile et les personnes sans statut sont en croissance sur le territoire. Leurs conditions sont particulièrement préoccupantes. D’une part, les demandeurs d’asile n’ont pas accès à l’éducation subventionnée, au soutien financier pour la francisation et à des soins de santé courants (MIDI, 2017). Leur situation sur le marché du travail est particulièrement précaire, d’autant plus qu’ils sont plus susceptibles de vivre « certaines formes d’exploitation au travail » (Arsenault, 2019). D’autre part, les personnes sans statut constituent un groupe de la population dont la situation est sous-documentée, du fait que leur présence sur le territoire n’est pas légalement reconnue. Quel que soit leur statut, il est démontré que le vécu et le parcours migratoire peuvent avoir un effet traumatique sur leur santé physique et psychologique, ce qui n’est pas sans conséquence sur le processus d’adaptation à la société d’accueil (Carlsson et Sonne, 2018). Par ailleurs, l’actuelle pandémie de COVID-19 n’est pas sans conséquence sur le parcours d’insertion de cette population particulièrement vulnérable, de même que pour les professionnels et les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux. Enfin, bien que le ministère de l’Immigration ait récemment élargi les critères d’admissibilité à l’ensemble des services, il appert que les mandataires de ces services n’ont pas toujours les ressources humaines ni l’expertise nécessaires pour répondre aux besoins particuliers de cette population.
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