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Sylvie Leveque : Sciences Po
Cette étude propose une méthode pour penser et programmer la résilience d’un quartier, à partir du cas très spécifique du village olympique et paralympique de Paris 2024, notamment en phase héritage. Face à la complexité et à l’imprévisibilité des risques, cette étude offre une double approche, programmatique et organisationnelle, pour poser les conditions nécessaires à l’autonomisation des populations à petite échelle. Elle esquisse les contours d’une nouvelle typologie urbaine, les espaces refuges, et montre, par un travail de représentation, comment ces objets peuvent permettre la mise en place progressive d’une gouvernance plus large et plus complète de la résilience, fondée sur des réseaux de solidarité.
Ce travail a été réalisé en coproduction par Sylvie Lévêque, Muriel Grandguillaume et Sylvain Parent, étudiants de l’Exécutive master ‘‘Gouvernance territoriale et développement urbain’’ de Sciences Po, sur une commande initiale d’Une autre ville, mandataire du groupement Hysplex, AMO excellence environnementale de la Société de livraison des Ouvrages Olympiques SOLIDEO.
En tant que nouvelle approche cherchant à résoudre des problématiques sociales complexes, les living labs (laboratoires vivants) se distinguent par leurs objectifs de participation et de coconstruction positionnant les citoyens et les usagers au centre de leurs démarches (Scaillerez et Tremblay, 2017). L’un des objets de la méthode semble alors être celui de contribuer à la réappropriation de son pouvoir décisionnel par les citoyens et les usagers. Permettre au plus grand nombre de participer à la réflexion fait aussi des living labs une approche qui contribue à admettre que certaines ressources (naturelles, Ostrom, 1990; ou intellectuelles, Hess et Ostrom, 2007) appartiennent à tous et font partie des communs (Hess, 2008).
La conduite des processus living labs doit toutefois composer avec des défis de type institutionnel et méthodologique (Therrien et Normandin, accepté). En matière de défis institutionnels, les living labs sont notamment influencés par les rapports de pouvoir préexistants entre les acteurs ainsi que par les conflits de valeurs et d’intentions entre les diverses parties prenantes (citoyens, fonctionnaires, représentants d’organismes communautaires et d’organisations privées, chercheurs, etc.). Ce rééquilibre à la faveur du citoyen et des ressources communes n’est donc pas encore un acquis et nécessite d’être (re)questionné pour en asseoir la suprématie.
Pour gérer ses aspects, les living labs se concentrent sur la conduite de leurs processus et le développement d’objets-frontières, mais la méthode doit elle-même composer avec des obstacles quant à la combinaison des savoirs scientifiques et expérientiels et les remises en question propres à la réalisation d’un processus d’hyperréflexivité.
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