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Habiter la ville intelligente : le cas de la franchise vidéoludique WATCH_DOGS

CD

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Christophe Duret : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans une perspective mésocritique, nous proposerons ici une analyse mésogrammatique des jeux de la franchise vidéoludique WATCH_DOGS et, plus spécifiquement, la représentation de l’habiter au sein des villes intelligentes.

Ces jeux se déroulent dans une version alternative du Chicago et du San Francisco actuels, où la surveillance et la gestion algorithmiques jouent un rôle prépondérant. Ils font écho aux craintes suscitées par l’avènement des villes intelligentes : dérive sécuritaire dans le cadre d’une société dite « de contrôle » ou « algorithmique », immixtion du secteur privé dans la gouvernance des villes et, plus largement, création d’enclaves et disparition de l’espace commun.

Notre objectif sera de montrer comment WATCH_DOGS, par le biais d’une structure agonistique opposant Blume Corporation (artisan des villes intelligentes) à DedSec (groupe de cyberactivistes chargé de mettre un terme à ses activités), d’une part, et à l’aide d’une rhétorique spatiale témoignant d’une certaine ambivalence utopique, d’autre part, retravaillent les enjeux de l’habiter dans la ville intelligente. WATCH_DOGS promeut un habiter alternatif caractérisé, notamment, par une réappropriation citoyenne des dispositifs technologiques de la ville intelligente dans l’optique d’un désenclavement de ses différents mondes sociaux, pris jusque-là dans une logique d’exclusivisme social et de clubisation (illustrée notamment par les gated communities), et d’une recréation de l’espace commun.

Résumé du colloque

Le colloque « Interroger la représentation de l’habiter urbain dans la fiction contemporaine » portera sur la représentation de l’habiter urbain dans la fiction contemporaine, ceci dans une perspective transmédiatique. Seront donc prises en considération les analyses d’œuvres littéraires, mais également cinématographiques, vidéoludiques, bédéiques et télévisuelles.

Le terme « habiter », suivant Heidegger (1993 [1951]), constitue une caractéristique fondamentale de l’être, une « “poétique” du monde qui questionne l’être de l’habitation humaine » (Lussault, 2007, p. 41). À la suite de Dardel (1990), l’habiter se voit articulé en termes de géographicité, soit comme le produit de la relation de l’humain à la terre; une relation comprenant à la fois un ensemble de pratiques et une conscience singulière de la nature et de l’espace (Dupont, 2008). Naît ainsi une approche « onto-géographique » de l’habiter rendant compte de la projection de l’humain dans l’espace (Lévy et Lussault, 2003), mais aussi un habiter comme acte d’appropriation de l’espace : il est alors question de pratiques habitantes (Rosselin, 2002), soit de manières — comportements, fréquentations et usages — d’être aux lieux (Fries-Paiola et De Gasperin, 2014) ou encore, dans une perspective certalienne, de « faire avec l’espace », soit des usages se rapportant non plus à la manière dont on arrange l’espace, mais à la manière dont on s’arrange de l’espace (Duret, 2019).

L’habiter peut également être considéré comme un co-habiter. Il est alors question de la dimension spatiale de la socialité ou encore de la dimension collective de l’habiter. Il se rapporte alors aux configurations des relations de coexistence des individus en société, l’espace social étant entendu comme un être-ensemble dans un milieu humain et en fonction de celui-ci.

D’abord pensé par les philosophes au cours du 20e siècle, le concept de l’habiter a essaimé depuis dans les sciences humaines et sociales, en particulier en anthropologie, en géographie, en sociologie et en urbanisme, au point de devenir un concept essentiel dans les disciplines concernées par les questions de spatialité ces deux dernières décennies. Récemment, plusieurs perspectives d’analyse se sont penchées sur la représentation de l’habiter dans les œuvres de fiction, telles que la géocritique, l’écocritique et, plus récemment, la mésocritique, dont elle constitue l’objet d’étude privilégié.

En considération de cela, ce colloque a pour objectif de montrer comment la fiction contemporaine envisage l’expérience du milieu urbain — et plus précisément l’expérience de la ville considérée à l’échelle de la métropole ou de la mégapole — par ses habitants et habitantes ou, en d’autres termes, comment la fiction contemporaine représente l’habiter et les pratiques habitantes au sein de la ville.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
manager icon Responsables :
Christophe Duret
section icon Date : 4 mai 2021

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