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Inciter les filles à étudier l’informatique: les « bonnes pratiques » sont-elles toujours efficaces?

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Isabelle Collet : Université de Genève

Résumé de la communication

L’informatique joue un rôle croissant dans l’évolution de nos sociétés, mais les femmes sont largement sous-représentées dans ces métiers depuis plusieurs décennies. Pourtant, dans les années 80, l’informatique était un métier plutôt féminisé, du moins, pour un métier technique. Aujourd’hui, en ce qui concerne les métiers au coeur de la tech, les femmes représentent moins de 15% dans la plupart des pays occidentaux.

La figure du geek sert souvent de bouc émissaire dans le sens où elle serait porteuse des représentations qui amèneraient les femmes à s’autocensurer. Or, bien plus qu’une autocensure, il s’agit d’une censure sociale qui écarte les filles et les femmes des sciences et techniques, et plus particulièrement de l’informatique. Face à un phénomène systémique, certaines universités, certaines écoles ont obtenu de façon pérenne une représentation quasi paritaire dans les filières informatiques. L’objectif de cette intervention est de réfléchir aux pratiques incitatives efficaces et à leurs fondements théoriques, afin de penser l’inclusion des femmes dans le monde professionnel de l’informatique comme un changement de culture et de pratiques.

Résumé du colloque

Le milieu scolaire représente un vecteur de premier plan afin de promouvoir l’égalité scolaire et sociale entre les garçons et les filles. Alors qu’historiquement les initiatives éducatives ciblaient surtout les filles, les données plus récentes procurent un portrait plus complexe et nuancé. En effet, l’examen d’indicateurs relatifs à la réussite scolaire montre qu’à l’école primaire et secondaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans la plupart des matières, y compris les disciplines traditionnellement associées aux hommes comme les mathématiques et les sciences (Voyer et Voyer, 2014). De plus, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à obtenir un diplôme de niveau secondaire (Lavoie et coll., 2019). Paradoxalement, même si les filles réussissent mieux à l’école primaire et secondaire, l’analyse des préférences et du choix de carrière des élèves montre qu’elles s’intéressent moins à certains domaines valorisés et lucratifs qui demeurent associés aux hommes, comme les professions scientifiques (Wang et Degol, 2017) et les postes de haute direction (Cook et Glass, 2014). Interprétées tantôt comme un « problème des garçons » à l’école (Royer, 2010; James, 2015), tantôt comme des inégalités qui persistent envers les filles (Wigfield et coll., 2015), ces données donnent lieu à des initiatives de toutes sortes, sans l’appui empirique nécessaire pour guider adéquatement les politiques et les interventions scolaires au-delà des arguments anecdotiques ou mal fondés. En réalité, notre compréhension de cette problématique complexe nécessite d’abord un portrait clair, et appuyé empiriquement, des différences de genre observées durant l’ensemble du parcours scolaire des élèves ainsi que des facteurs qui les sous-tendent.

Ce colloque a donc pour objectif de partager les connaissances les plus récentes en ce qui a trait aux différences de genre, du préscolaire à l’université, afin de mieux comprendre cette problématique en constante évolution. La journée se tient sous forme hybride, soit en présentiel et en ligne, et aborde plus en détail les perspectives comparatives des différences de genre à l’école de même que certains enjeux et problématiques touchant plus spécifiquement les filles ou les garçons. Des conférencières et des conférenciers présentent leurs résultats au cours d’une session d’affiches.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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