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La citoyenneté vue sous l’angle du sentiment de pouvoir agir de jeunes Québécois face aux changements climatiques

ÉM

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Émilie MORIN : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Pour faire face aux changements climatiques, l’éducation pour le développement du pouvoir agir semble constituer une avenue incontournable (Schreiner et al., 2005). De plus, il apparaît pertinent, pour soutenir le développement de ce pouvoir agir, de s’attarder à ses dimensions affectives (Zeyer et Kelsey, 2013) et, plus particulièrement, à ce que nous nommons le sentiment de pouvoir agir. Ce concept nous permet entre autres de prendre en considération la liberté qu’ont les jeunes d’agir, ou non, face aux changements climatiques en fonction de leurs diverses capabilités (Sen, 2010). En ce sens, le sentiment de pouvoir agir, comme concept en émergence, nous permet de considérer à la fois les libertés d’agentivité et les libertés d’opportunité et de bien-être (Sen, 2010) des jeunes face à cette problématique sociale et environnementale. En faisant la promotion de ces libertés liées à l’être et l’agir citoyen, tant chez l’élève que chez l’enseignant.e, nous nous inscrivons dans un modèle pédagogique et social à visée transformatrice et sociocritique (Jickling et Wals, 2018). Dans le cadre de cette communication, nous présentons les diverses dimensions du sentiment de pouvoir agir des jeunes face aux changements climatiques issues de l’analyse des propos de 29 jeunes Québécois de la fin du secondaire. Nous présentons également les principales conditions favorables à mettre en place à l’école pour supporter le développement de ce sentiment de pouvoir agir des jeunes.

Résumé du colloque

Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?

Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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