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Brigitte Fargevieille : EDF - Electricité de France
EDF considère l’acceptabilité locale des sites industriels comme un processus qui consiste à gérer les interactions entre le projet ou le site industriel et ses parties prenantes afin d’optimiser son exploitation. Bien sûr, les impacts ne sont pas perçus et acceptés de la même manière par les parties prenantes. Derrière cette approche, il y a d’abord la conviction que les questions de « faisabilité ou d'acceptabilité » et d'« engagement des parties prenantes » ne dépendent pas seulement de la « perception » d’un type particulier d’énergie, d’un type particulier de travail industriel, d’une activité spécifique ou une entreprise particulière mais que chaque région a sa propre appréhension ou perception liée à de nombreux éléments tels que l’histoire du territoire, la socio-économie mais dépendent aussi de l’histoire d’un projet ou d’un site particulier... C’est pourquoi il y a ensuite la conviction que si EDF veut s’implanter dans une zone géographique, il doit y être accepté et apprécié, et prouver que le projet est un avantage pour tous. C’est pourquoi EDF a pris un engagement fort, dans la lignée des objectifs de développement durable de l’ONU, en se fixant publiquement l’objectif d’ « organiser de façon systématique et partout dans le monde, un dialogue ou une concertation transparente et contradictoire sur tout nouveau projet ».
Comment s’assurer de bâtir des projets rassembleurs et porteurs de sens pour la majorité? Quels sont les tenants et aboutissants du concept d’acceptabilité sociale, aujourd’hui nécessaire à la réalisation des projets? Le cheminement des grands projets et des innovations doit aujourd’hui nécessairement passer le test de l’assentiment des citoyens pour assurer sa légitimité. Mais trouver un terrain d’entente entre des visions en apparence diamétralement opposées est loin d’être évident. Les enjeux sont multiples et les interlocuteurs pluriels. Les visions du progrès sont également multiples et divergent beaucoup entre ce qui est offert et ce qui est souhaité. De ce fait, les décideurs et les promoteurs de projets font de plus en plus face à des contestations organisées. Loin d’apaiser les tensions, tenter d’informer et de convaincre les protestataires du bien-fondé des projets n’est parfois plus suffisant pour garantir l’assentiment des populations, voire la réalisation de ceux-ci. Cependant, pour assurer la réalisation des projets, les controverses doivent être explicitées. C’est à travers le dialogue entre les groupes que des terrains d’entente deviennent possibles et permettent de bonifier des projets grâce à différents types d’expertises, à la fois formelles et informelles. Autrefois confiné aux sphères scientifiques et industrielles, le dialogue autour de ces enjeux s’élargit pour inclure plus d’acteurs, dont la population civile et les groupes concernés. L’expertise citoyenne se développe donc pour apporter une autre voix au cœur des débats entourant ces grands projets et l’innovation. À travers ce colloque, nous voulons mettre en lumière, d’une part, les trajectoires de l’acceptabilité sociale concernant les controverses sociotechniques, et d’autre part, les modalités du dialogue social entre les acteurs gravitant autour de ces mêmes projets.
Titre du colloque :