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La Covid-19 et les pratiques rituelles musulmanes au Cameroun

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Hassan Mohamadou : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au Cameroun, les restrictions à la liberté de rassemblement rendues nécessaires par la Covid-19 ont affecté particulièrement les organisations religieuses, chrétiennes et musulmanes. Les premières mesures gouvernementales ont restructuré radicalement le mode du rituel du religieux/musulman dans l’ensemble du pays. De la distanciation sociale au cours des prières quotidiennes au dé-confinement des lieux de culte en passant par le scellage temporaire des lieux d’expression de la foi, l’interdiction de l’office hebdomadaire de vendredi et des prières nocturnes ainsi que des activités religieuses du mois sacré de ramadan, la Umma camerounaise a le sentiment de perdre ses rites quotidiens les plus importants. Des débats théologiques et jurisprudentiels ont été menés non seulement entre les intellectuels musulmans à travers les média sociaux afin de canaliser la pensée de la Umma, mais également entre les fidèles musulmans et les décideurs politico-religieux. Dès lors, comment la Umma camerounaise s’est-elle modelée avec cette nouvelle configuration de la pratique rituelle pendant cette crise ? Cette communication se propose d’analyser et de comprendre la pratique rituelle musulmane en période de crise dans le contexte camerounais. À travers les catégories et les théories normatives des intellectuels musulmans, nous allons revenir sur le débat jurisprudentiel des pratiques rituelles de l’islam au Cameroun, avant d’analyser ce débat selon le tropisme politique et religieux.

Résumé du colloque

La pandémie n’a pas provoqué seulement l’interruption de la vie sociale dans ses manifestations usuelles, ni seulement une concentration familiale, avec la réclusion et le confinement. La pandémie fonctionne comme un « révélateur » de la situation réelle de nos sociétés, du plan politique plus large à celui des convictions privées, comme les croyances religieuses. Les rites sont au cœur de processus à un double titre : en tant que pratiques sociales, les rites ont été interrompus, voire mis en pause; mais en tant que pratiques symboliques, leur fragilité et leur force, leur infirmité et leur utilité ont été mises au clair, notamment sur trois plans : celui de la relation entre le pur et l’impur qui caractérisait les sacrifices; celui du degré de définition et de délimitation des rites en tant que pratiques sociales et symboliques, c’est-à-dire, dans la terminologie de Victor Turner, l’aspect de la « liminalité »; et celui de l’horizon utopique et du sens du temps, comprimé dans une sorte de corrélation avec le confinement spatial. La pandémie a ainsi bouleversé des aspects rituels largement oubliés dans le contexte de la modernité et de la postmodernité. Cette situation oblige, par conséquent, à revenir sur ces dimensions d’un point de vue critique; un point de vue ethnologique, herméneutique (historique, socioreligieux) et symbolique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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