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La déontologie éducative dans la communauté de la recherche philosophique

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Marta Ilardo : Italie

Résumé de la communication

Les enfants se posent des questions existentielles, c'est-à-dire des questions sur la mort, le sens de l'existence, le libre arbitre, Dieu, l'origine de toutes les choses et des questions similaires. Le champ d’étude de la philosophie pour enfants (P4C) a précisément pour but de donner aux enfants l'occasion de découvrir et d'explorer leurs questions dans un environnement sûr, la communauté de recherche. Cependant, beaucoup de questions posées pendant les séances de philosophie (ou parfois individuellement, à la fin de la séance en « dehors des limites de la communauté ») restent sans réponse. Le principal problème est lié au questionnement existentiel qui est parfois cause de souffrance ou d’incertitude : les facilitateurs peuvent être incapables de contenir l'intensité émotionnelle ressentie lorsqu’on s’interroge sur des sujets comme la mort et le sens de l’existence. Ainsi, dans cet exposé, nous voulons souligner plusieurs problèmes de déontologie éducative qui apparaissent lorsque des questions soi-disant « inconfortables » (Chetty and Suissa, 2017) sont posées. En se basant sur le concept de déontologie proposé par Mariagrazia Contini (2014) et sur l'idée de Jana Mohr Lone (2011) de rassurer les enfants dans des contextes d'incertitude, cette communication propose une réflexion sur ce qu’on entend par « responsabilité éducative » lorsqu’on aborde la tâche de faciliter une communauté de recherche philosophique avec les enfants.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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