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Sarah Jane Mc Kinley : UQAM - Université du Québec à Montréal
L’album jeunesse, outil pédagogique omniprésent au préscolaire, participe activement à la construction de l’identité de genre des enfants, en particulier en ce qui concerne la représentation de la division des métiers, c’est-à-dire comment sont distribués les métiers d’un même domaine entre personnages féminins et masculins. Une représentation dite égalitaire, où nous retrouverions autant de personnages féminins que de personnages masculins occupant le même type de métier, permet aux enfants, peu importe leur genre de considérer la pratique de ce métier. À l’inverse, une division du travail asymétrique, qui se reconnait à la quantité démesurée de personnages féminins ou masculins occupant un métier dans le même domaine risque de restreindre les aspirations professionnelles des garçons et des filles.
Dans le cadre d’un projet de thèse de doctorat, nous nous intéressons à savoir si la division du travail des personnages féminins et masculins dans les albums jeunesse repose sur des stéréotypes de genre. Pour y arriver, nous procéderons à l'analyse d'un échantillon tiré des 2539 albums jeunesse recensés dans 30 classes de maternelle 4 ans TPMD dans le cadre de la recherche de Charron et coll. (2017-2020).
Le milieu scolaire représente un vecteur de premier plan afin de promouvoir l’égalité scolaire et sociale entre les garçons et les filles. Alors qu’historiquement les initiatives éducatives ciblaient surtout les filles, les données plus récentes procurent un portrait plus complexe et nuancé. En effet, l’examen d’indicateurs relatifs à la réussite scolaire montre qu’à l’école primaire et secondaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans la plupart des matières, y compris les disciplines traditionnellement associées aux hommes comme les mathématiques et les sciences (Voyer et Voyer, 2014). De plus, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à obtenir un diplôme de niveau secondaire (Lavoie et coll., 2019). Paradoxalement, même si les filles réussissent mieux à l’école primaire et secondaire, l’analyse des préférences et du choix de carrière des élèves montre qu’elles s’intéressent moins à certains domaines valorisés et lucratifs qui demeurent associés aux hommes, comme les professions scientifiques (Wang et Degol, 2017) et les postes de haute direction (Cook et Glass, 2014). Interprétées tantôt comme un « problème des garçons » à l’école (Royer, 2010; James, 2015), tantôt comme des inégalités qui persistent envers les filles (Wigfield et coll., 2015), ces données donnent lieu à des initiatives de toutes sortes, sans l’appui empirique nécessaire pour guider adéquatement les politiques et les interventions scolaires au-delà des arguments anecdotiques ou mal fondés. En réalité, notre compréhension de cette problématique complexe nécessite d’abord un portrait clair, et appuyé empiriquement, des différences de genre observées durant l’ensemble du parcours scolaire des élèves ainsi que des facteurs qui les sous-tendent.
Ce colloque a donc pour objectif de partager les connaissances les plus récentes en ce qui a trait aux différences de genre, du préscolaire à l’université, afin de mieux comprendre cette problématique en constante évolution. La journée se tient sous forme hybride, soit en présentiel et en ligne, et aborde plus en détail les perspectives comparatives des différences de genre à l’école de même que certains enjeux et problématiques touchant plus spécifiquement les filles ou les garçons. Des conférencières et des conférenciers présentent leurs résultats au cours d’une session d’affiches.
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