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La prévention de l’eutrophisation des plans d’eau en milieu agricole est-elle possible à long terme au Québec?

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Aubert Michaud : Institut de recherche et de développement en agroenvironnement

Résumé de la communication

La prévention de l’eutrophisation des plans d’eau en milieu rural interpelle deux principales lignes de défense, soit le contrôle des sources et des voies de transferts des nutriments. L’équilibre à long terme dans le bilan des apports de phosphore (P) à la ferme et l’enrichissement des sols est incontournable. En situation de surplus de P, la séparation de phase des lisiers au bâtiment d’élevage offre l’opportunité de retenir à la source jusqu’à 90% du phosphore. Ces solides peuvent alors remplacer les engrais minéraux phosphatés importés. La réduction des transferts de sédiments et de nutriments vers les eaux de surface passe également par la rotation des cultures et l’implantation de pratiques culturales de conservation. Alors que les superficies en fourrages pérennes sont en constant déclin depuis les trente dernières années au Québec, la culture sur résidus et les cultures de couverture offrent l’opportunité d’améliorer la condition physique des sols, réduire l’érosion au champ et la perte de nutriments vers les plans d’eau. L’introduction des céréales à paille dans le système «maïs-soya » est particulièrement interpellée, afin de concilier la prévention de l’érosion avec l’incorporation de l’engrais de ferme en période de faible risque de ruissellement. Si les enjeux et les solutions sont connus, le principal défi demeure néanmoins à l’échelle humaine, soit dans la concertation des accompagnements technique, financier et réglementaire de la production agricole.

Résumé du colloque

L’introduction excessive de matières organiques et d’éléments nutritifs (azote, phosphore) dans les eaux de surface perturbe l’équilibre naturel des écosystèmes aquatiques. Ces apports, issus principalement de rejets domestiques, industriels et agricoles, de la contamination des eaux de ruissellement et de retombées atmosphériques, entraînent l’eutrophisation des eaux fluviales, lacustres et marines. Cette pollution, en grande partie associée à des activités anthropiques, peut avoir de nombreuses conséquences indésirables, dont la prolifération d’algues toxiques ou nuisibles, l’appauvrissement de l’eau en oxygène, l’acidification de l’eau, la réduction des rendements de pêche et une dégradation générale de la santé des écosystèmes aquatiques et des services qu’ils procurent. Au cours des cinquante dernières années, des augmentations significatives des apports d’éléments nutritifs, dont ceux de l’azote en particulier, ont été enregistrées dans le monde. Les bassins versants et les eaux du Saint-Laurent ne font pas exception. D’importantes superficies d’eaux faiblement oxygénées (hypoxiques) et acidifiées ont été détectées près du fond dans l’estuaire. La prolifération récente d’algues toxiques, qui a eu des conséquences dévastatrices pour la faune, pourrait également être liée à l’eutrophisation. Dans le lac Saint-Pierre, la modification des communautés de plantes aquatiques et les proliférations de cyanobactéries benthiques liées à l’eutrophisation menacent l’habitat de la perchaude. Le colloque a pour but de dresser l’état des lieux quant aux apports de nutriments et de matières organiques dans les eaux fluviales et marines du fleuve Saint-Laurent (sources et manifestations), d’évaluer la capacité de rétention ou d’épuration du fleuve à l’égard de ces apports ainsi que leur contribution à la dégradation des zones côtières et à l’hypoxie ou à l’acidification des eaux de fond (conséquences). Les actions visant à réduire ces apports ou à en atténuer les impacts sont abordées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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