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Julie Royer : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette proposition fait suite à ma participation au projet de recherche Inscriptions en relation. Projet international et pluridisciplinaire conçu par Ruedi et Vera Baur, il visait à questionner les inscriptions dans l’espace public et à donner voix aux langues absentes. La recherche-création que j’y ai développée met en lumière les limites de représenter les artères de nos villes selon les logiques et les mécanismes de représentation de la marque commerciale. Les habitudes de consommation et de fréquentation changeant, plusieurs artères commerciales ont vu leur fréquentation diminuer au fil des ans. Pour se faire voir du public et essayer d’attirer de nouveau les consommateurs, plusieurs développèrent une marque pour se représenter et faire la promotion de l’artère et des commerces y ayant pignon sur rue. Mais ces marques évacuent généralement toutes références aux spécificités historiques, linguistiques, culturelles et humaines de ces artères. Dans un contexte de néolibéralisme, il est important de questionner certaines pratiques du design comme le branding des artères de nos villes, pratiques allant souvent à l’encontre de l’idée d’une ville sociale développée pour le citoyen et non selon un modèle dicté par le marché. Mon projet portait sur la marque développée pour le boulevard Saint-Laurent à Montréal et présentait une contre-proposition tenant compte de la population ayant façonné au fil du temps non seulement le boulevard, mais l’ADN de Montréal.
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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