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Lionel Bahl : Université de Sherbrooke
Pour contribuer à améliorer la performance en développement durable (DD) des organisations, il importe de bien comprendre leurs motivations à adopter des pratiques associées au DD. En contraste par rapport aux entreprises, les missions des coopératives combinent des principes et des valeurs démocratiques avec une réalité économique. Quant aux organismes à but non lucratif, ils remplissent des missions sociales ou environnementales ciblées. Ainsi, ces formes d’organisation semblent avoir des prédispositions différentes en regard du DD. Parallèlement, les études qui utilisent la théorie des conventions (TC) comme approche s’accordent sur le fait que le DD représente une forme de compromis entre différentes logiques décisionnelles, dont les logiques marchande et civique. En discernant les logiques décisionnelles au-delà de la rhétorique, la TC permet de comprendre l’essence des conflits potentiels dans les motivations lors de l’intégration du DD. La présentation du projet utilise la TC comme grille d’analyse pour décrire et analyser les logiques décisionnelles de différentes formes d’organisations en regard de la littérature actuelle. Dans le but d’approfondir la compréhension des motivations et des prédispositions à l’intégration du DD dans la pratique, le projet s’intéresse aux logiques décisionnelles utilisées par différentes formes d’organisations pour justifier l’adoption du DD dans leurs discours à partir de leurs rapports annuels.
D’aucuns suggèrent que nous vivons une crise multidimensionnelle, notamment écologique, sociale et institutionnelle. Si les entreprises privées sont parfois présentées comme des coupables, d’autres leur reconnaissent un rôle essentiel dans la résolution des enjeux sociaux et écologiques auxquels fait face le monde. Historiquement, c’est à travers le concept de responsabilité sociale des entreprises (RSE) que l’engagement des entreprises au développement durable a été conceptualisé. Essentiellement, la RSE appelle à revoir la conception traditionnelle des entreprises selon laquelle celles-ci sont uniquement économiques, pour en faire des acteurs de changement qui intègrent le développement durable dans leur mission, leurs pratiques et leurs décisions. Si la RSE était, au mieux, mentionnée dans quelques rapports annuels dans les années 1980, elle occupe aujourd’hui un rôle essentiel dans les objectifs stratégiques, les discours et les rapports annuels des entreprises.
Parallèlement à la démocratisation de la RSE se sont développées de nouvelles formes organisationnelles visant à créer de la richesse de manière plus durable et plus respectueuse de la société et de l’écologie : les coopératives, l’entrepreneuriat social, l’entrepreneuriat vert, les entreprises hybrides et les « B Corps » en sont de bons exemples. Ces organisations utilisent les mécanismes du marché pour résoudre des problèmes sociaux chroniques et contrer la dégradation de l’environnement, brouillant ainsi la frontière traditionnelle entre entreprise à profit et organisation à but non lucratif. Les organisations hybrides ne rejettent pas le profit ni la croissance; les profits sont le moyen par lequel elles peuvent accroître leur impact social et écologique. Cependant, ces nouvelles réalités posent d’importants défis stratégiques, notamment en matière de conciliation des logiques marchande et civique, et de gestion des tensions organisationnelles liées aux prises de décision quotidiennes lorsque les solutions semblent paradoxales.
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