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Maroua Salhi : UQAM - Université du Québec à Montréal
Parler de santé organisationnelle, c’est faire référence aux différents thèmes positifs (e.g., vitalité, bien-être) et négatifs (e.g., épuisement, stress) liés à la santé mentale des employés. Cette préoccupation légitime, centrale et inquiétante, tant dans les lieux de travail que dans le milieu scientifique, a amené à dévoiler l’existence de plusieurs facteurs d'influence tels que l’injustice (e.g., Judge & Colquitt, 2004), le changement vécu (e.g., Vignal & Oiry, 2015), l’insatisfaction (e.g., Maslach & al., 2001) et le manque de reconnaissance (e.g., Brun, 2003). Ce qui est marquant, dans ces documentations, c’est que les études ont été basées uniquement sur des concepts unidimensionnels séparés, et non pas multidimensionnels intégrés pour voir les effets d'interactions statistiques. Dans cette communication, nous mettons l’accent sur l’apport de la valorisation organisationnelle par rapport à la santé mentale, et précisément le stress au travail. Ce concept multidimensionnel est basé sur des interactions statistiques triples avec les concepts de justice organisationnelle, de reconnaissance et de confiance au travail. Jusqu’à présent, la seule et première étude qui a examiné la relation entre la valorisation organisationnelle et le stress au travail est celle de Salhi (2016). Dans cette étude quantitative, la chercheure a montré que la relation est négative et significative. Les implications pratiques et théoriques de ce concept seront développées dans cette présentation.
Conjuguer santé et travail n’a jamais été aussi difficile. Les constants changements socioéconomiques, technologiques et organisationnels favorisent une intensification du travail et une amplification des attentes de performance et de productivité. Ces pressions ont un coût substantiel : une enquête du Conference Board of Canada (2017) rapporte que le stress au travail coûte au pays près de 50 milliards de dollars, dont 32,3 milliards sont liés à la dépression et 17,3 milliards sont liés à l’anxiété. La dépression est d’ailleurs reconnue par l’Organisation internationale du travail (2018) comme la première cause d’invalidité dans le monde.
En parallèle, les besoins de la population active en matière de santé et de qualité de vie au travail s’accroissent. La conciliation entre les attentes des organisations et les besoins des individus passe par le développement des connaissances en santé organisationnelle. Ce champ d’études est ancré dans une tradition multidisciplinaire (management, santé et sécurité du travail, relations industrielles, psychologie, ergonomie, santé publique, etc.) sous-tendant des enjeux multicausaux complexes (Dagenais-Desmarais et coll., 2013). L’effervescence actuelle des publications en santé organisationnelle peut s’expliquer par le fait qu’elle englobe plusieurs enjeux fondamentaux liés à la productivité des organisations, et cela, dans le respect des personnes qui y travaillent.
Malgré les avancées scientifiques et le développement de pratiques exemplaires dans le domaine, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir pour que les organisations saines deviennent la norme dans notre société. Ce colloque a comme objectif de faire le point sur les derniers travaux en santé organisationnelle et de se concerter entre chercheurs, étudiants, décideurs et utilisateurs afin de valoriser le transfert de nos connaissances vers les milieux de travail.
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