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Labo Climat Montréal : une recherche-action interdisciplinaire pour étudier et faciliter la prise en compte des changements climatiques dans l’élaboration des projets urbains

JP

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Josée Provençal : Polytechnique Montréal

Résumé de la communication

L’adaptation des villes aux changements climatiques comporte de nombreux défis, dont ceux liés à la segmentation de l’action publique et à la nécessité d’établir des collaborations multidisciplinaires et transversales entre différents services et professions, voire entre différentes temporalités de l’action publique urbaine. Cette adaptation requiert, dès aujourd’hui, des changements de faire dans les institutions, les pratiques professionnelles et les pratiques spatiales.
Élaboré en collaboration avec la Ville de Montréal et Ouranos, le Labo-Climat Montréal cherche à comprendre les enjeux et les mécanismes qui permettraient d’accroître la prise en compte de l’adaptation aux changements climatiques dans le processus de projet urbain à travers le cas de la transformation d’une importante friche industrielle dans l’arrondissement montréalais de Lachine. Organisée comme un Living Lab, cette recherche comprend trois étapes itératives : 1/ Comprendre les pratiques actuelles en matière d’adaptation, les enjeux rencontrés par les professionnels et le contexte de gouvernance en place grâce à des entretiens semi-dirigés et une analyse documentaire ; 2/ Intégrer de nouveaux acteurs, expertises et manières de faire dans la réflexion du projet urbain à l’aide d’ateliers de cocréation et d’expérimentation ; 3/ Documenter en continu les échanges ayant lieu dans ce Living Lab pour assurer réflexivité et apprentissages.
Cette présentation exposera les premiers résultats de la recherche.

Résumé du colloque

En tant que nouvelle approche cherchant à résoudre des problématiques sociales complexes, les living labs (laboratoires vivants) se distinguent par leurs objectifs de participation et de coconstruction positionnant les citoyens et les usagers au centre de leurs démarches (Scaillerez et Tremblay, 2017). L’un des objets de la méthode semble alors être celui de contribuer à la réappropriation de son pouvoir décisionnel par les citoyens et les usagers. Permettre au plus grand nombre de participer à la réflexion fait aussi des living labs une approche qui contribue à admettre que certaines ressources (naturelles, Ostrom, 1990; ou intellectuelles, Hess et Ostrom, 2007) appartiennent à tous et font partie des communs (Hess, 2008).

La conduite des processus living labs doit toutefois composer avec des défis de type institutionnel et méthodologique (Therrien et Normandin, accepté). En matière de défis institutionnels, les living labs sont notamment influencés par les rapports de pouvoir préexistants entre les acteurs ainsi que par les conflits de valeurs et d’intentions entre les diverses parties prenantes (citoyens, fonctionnaires, représentants d’organismes communautaires et d’organisations privées, chercheurs, etc.). Ce rééquilibre à la faveur du citoyen et des ressources communes n’est donc pas encore un acquis et nécessite d’être (re)questionné pour en asseoir la suprématie.

Pour gérer ses aspects, les living labs se concentrent sur la conduite de leurs processus et le développement d’objets-frontières, mais la méthode doit elle-même composer avec des obstacles quant à la combinaison des savoirs scientifiques et expérientiels et les remises en question propres à la réalisation d’un processus d’hyperréflexivité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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