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Louis Simard : Université d'Ottawa
Depuis plusieurs années maintenant, la notion d’acceptabilité sociale (AS) apparaît comme une nouvelle norme de l’action publique (Lascoumes et Le Galès, 2004, 2007; Simard 2018). Condition de plus en plus nécessaire à l’autorisation des grands projets ou l’adoption de politiques publiques, et apparaissant en définitive comme le chaînon manquant entre la démocratie représentative et la démocratie participative, comme tout instrument d’action publique, l’acceptabilité sociale comporte une dimension à la fois plastique et robuste qui peut laisser place à interprétation, appropriation, modification et résistance (Lascoumes et Simard, 2011; Halpern, Lascoumes et Le Gales, 2014). Devant d’abord être conceptualisée comme un résultat à atteindre, tout en étant en général le fruit d’un processus, l’AS se définit en contexte spécifique, et à différentes échelles (Batellier, 2015; Fournis et Fortin, 2017). Au Québec, l’AS s’est institutionnalisée en différentes étapes, dans différents secteurs/espaces et auprès de certaines institutions. Directement liée aux principes de participation publique et de développement durable. Dans le cadre de ce colloque nous souhaitons proposer une lecture de la trajectoire suivie par l’AS via l’expérience du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), les professionnels de la participation publique (PPP) et quelques composantes de l’administration publique québécoises. Une réflexion sera effectué sur cette nouvelle norme d'action.
Comment s’assurer de bâtir des projets rassembleurs et porteurs de sens pour la majorité? Quels sont les tenants et aboutissants du concept d’acceptabilité sociale, aujourd’hui nécessaire à la réalisation des projets? Le cheminement des grands projets et des innovations doit aujourd’hui nécessairement passer le test de l’assentiment des citoyens pour assurer sa légitimité. Mais trouver un terrain d’entente entre des visions en apparence diamétralement opposées est loin d’être évident. Les enjeux sont multiples et les interlocuteurs pluriels. Les visions du progrès sont également multiples et divergent beaucoup entre ce qui est offert et ce qui est souhaité. De ce fait, les décideurs et les promoteurs de projets font de plus en plus face à des contestations organisées. Loin d’apaiser les tensions, tenter d’informer et de convaincre les protestataires du bien-fondé des projets n’est parfois plus suffisant pour garantir l’assentiment des populations, voire la réalisation de ceux-ci. Cependant, pour assurer la réalisation des projets, les controverses doivent être explicitées. C’est à travers le dialogue entre les groupes que des terrains d’entente deviennent possibles et permettent de bonifier des projets grâce à différents types d’expertises, à la fois formelles et informelles. Autrefois confiné aux sphères scientifiques et industrielles, le dialogue autour de ces enjeux s’élargit pour inclure plus d’acteurs, dont la population civile et les groupes concernés. L’expertise citoyenne se développe donc pour apporter une autre voix au cœur des débats entourant ces grands projets et l’innovation. À travers ce colloque, nous voulons mettre en lumière, d’une part, les trajectoires de l’acceptabilité sociale concernant les controverses sociotechniques, et d’autre part, les modalités du dialogue social entre les acteurs gravitant autour de ces mêmes projets.
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