pen icon Colloque
quote

Le co-encadrement de thèses en contexte européen : aperçu des principaux enjeux

IS

Membre a labase

Isabelle Skakni : Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO)

Résumé de la communication

Si l’importance de la relation d’encadrement dans la formation doctorale n’est plus à démontrer, le modèle d’encadrement traditionnel perd aujourd’hui du terrain au profit de modèles plus collectifs (Agné & Mörkenstam, 2018). Parmi ceux-ci, le co-encadrement, i.e. l’encadrement formel d’un.e doctorant.e par deux ou plusieurs professeur.e.s, est de plus en plus privilégié. Introduit à l’origine pour éviter les écueils liés à la dépendance d’un.e doctorant.e envers un.e encadrant.e unique (Pole, 1998), les enjeux du co-encadrement interpellent de plus en plus de chercheur.e.s et administrations universitaires. D’un côté, des études montrent les effets positifs du co-encadrement sur les délais de diplomation et le potentiel d’apprentissage qu’il offre aux doctorant.e.s (Guerin et al., 2015). De l’autre, des recherches soulignent les défis complexes de ce modèle, notamment : difficultés de communication entre co-encadrant.e.s et doctorant.e.s, demandes parfois contradictoires adressées au doctorant.e.s et enjeux de pouvoir entre les co-encadrant.e.s (Robertson, 2019). Cette communication porte sur les défis du co-encadrement de thèses tant pour les doctorant.e.s que les encadrant.e.s. Trois sources de données sont mobilisées: les résultats d’une recherche européenne sur l’expérience des doctorant.e.s, un corpus de textes institutionnels relatifs au co-encadrement et les constats issus d’ateliers pour doctorant.e.s et encadrant.e.s conduits en Espagne, en Finlande et en Suisse.

Résumé du colloque

L’encadrement à la recherche se définit par son omniprésence dans les établissements universitaires. Dans les faits, cette activité professorale se révèle déterminante pour la persévérance, la diplomation aux cycles supérieurs et l’insertion professionnelle, que ce soit dans le monde universitaire ou en dehors de celui-ci. Pourtant, en contexte francophone nord-américain, la définition même de l’encadrement comporte son lot d’ambiguïtés et de complexités. Récemment, Haag (2017) relevait un problème majeur en soulignant l’« absence de consensus sur ce qui relève ou ne relève pas de la direction de recherche [qui] se traduit par un large éventail de pratiques qui varient au gré des représentations » (p. 20). Autrement dit, quelles sont les frontières de cette activité? Comment direction et doctorant comprennent-ils leurs rôles respectifs?

Au Québec, comme à l’international, au-delà de la définition même de l’encadrement qui est complexe, sa structure est en mouvance. Il nous paraît important de se pencher sur cette question.

Les enjeux de l’encadrement à la recherche aux cycles supérieurs sont nombreux. Une préoccupation se fait sentir autour du recrutement, de la communication, de la rédaction scientifique et de l’insertion professionnelle. Pourtant, force est de constater que la formation à l’encadrement chez la plupart des directeurs se résume à la manière de « see one, do one », en se basant notamment sur l’expérience personnelle (plus ou moins positive) à titre de doctorants. Alors que l’encadrement à la recherche se réalise derrière des portes closes, dans un espace privé et personnalisé, il nous importe d’en faire un sujet de discussion afin de valoriser la pédagogie dans cet espace de formation. Par ailleurs, tous les établissements souhaitent attirer les meilleurs étudiants, mais comment s’assurer qu’ils trouveront la direction qui convient. Quelles sont les responsabilités de l’ensemble des acteurs concernés? Avec quelles retombées?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Christelle Lison
section icon Date : 4 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :