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Ayawavi Sitsopé Toudeka : Unité de Recherche Démographique de l'Université de Lomé
Au Togo, il existe encore d’importantes disparités de genre aussi bien en termes d’accès et d’achèvement que de transition primaire/secondaire 1 et secondaire 1/secondaire 2. En effet, les données du RESEN (2019) indiquent que les filles (95,2%) ont moins de chance que les garçons (97,3%) d’accéder à l’enseignement primaire. Mais les écarts se creusent davantage au fil du parcours scolaire. Les chances d’achever le primaire sont évaluées à 79,6% pour les filles contre 88,8% pour les garçons soit une différence de 9,2 points de pourcentage. La présente communication vise à cerner les facteurs socioculturels qui expliquent ces disparités entre filles et garçons. Elles se basent sur les données de l’enquête de base « Prévenir les violences sexistes et les violations des droits sexuels et reproductifs des adolescentes pour réduire les grossesses précoces au Togo » réalisée en 2019 par l’Unité de Recherche Démographique de l’Université de Lomé. Les résultats révèlent que la survie de la fille dans le système éducatif et surtout son orientation est fonction ou consécutive du statut différentiel inférieur qu’elle a dans la société togolaise. En effet, très tôt, les garçons et les filles reçoivent une éducation et un traitement différents. Le garçon étant toujours le plus favorisé parce que supposé être le continuateur de la lignée ou de la famille alors que la fille est destinée au mariage.
Le milieu scolaire représente un vecteur de premier plan afin de promouvoir l’égalité scolaire et sociale entre les garçons et les filles. Alors qu’historiquement les initiatives éducatives ciblaient surtout les filles, les données plus récentes procurent un portrait plus complexe et nuancé. En effet, l’examen d’indicateurs relatifs à la réussite scolaire montre qu’à l’école primaire et secondaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans la plupart des matières, y compris les disciplines traditionnellement associées aux hommes comme les mathématiques et les sciences (Voyer et Voyer, 2014). De plus, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à obtenir un diplôme de niveau secondaire (Lavoie et coll., 2019). Paradoxalement, même si les filles réussissent mieux à l’école primaire et secondaire, l’analyse des préférences et du choix de carrière des élèves montre qu’elles s’intéressent moins à certains domaines valorisés et lucratifs qui demeurent associés aux hommes, comme les professions scientifiques (Wang et Degol, 2017) et les postes de haute direction (Cook et Glass, 2014). Interprétées tantôt comme un « problème des garçons » à l’école (Royer, 2010; James, 2015), tantôt comme des inégalités qui persistent envers les filles (Wigfield et coll., 2015), ces données donnent lieu à des initiatives de toutes sortes, sans l’appui empirique nécessaire pour guider adéquatement les politiques et les interventions scolaires au-delà des arguments anecdotiques ou mal fondés. En réalité, notre compréhension de cette problématique complexe nécessite d’abord un portrait clair, et appuyé empiriquement, des différences de genre observées durant l’ensemble du parcours scolaire des élèves ainsi que des facteurs qui les sous-tendent.
Ce colloque a donc pour objectif de partager les connaissances les plus récentes en ce qui a trait aux différences de genre, du préscolaire à l’université, afin de mieux comprendre cette problématique en constante évolution. La journée se tient sous forme hybride, soit en présentiel et en ligne, et aborde plus en détail les perspectives comparatives des différences de genre à l’école de même que certains enjeux et problématiques touchant plus spécifiquement les filles ou les garçons. Des conférencières et des conférenciers présentent leurs résultats au cours d’une session d’affiches.
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