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Le langage comme construction de champs d’affordances partagés

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Rémi Tison : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Il est d’usage de décrire la communication linguistique comme le fait de transmettre ou d’exprimer des pensées. Cette conception du langage, en apparence tout à fait évidente, fait cependant face à certaines difficultés si on doit la prendre comme point de départ d’une enquête empirique sur la communication linguistique. L’alternative la plus prometteuse, à mon sens, conçoit la communication linguistique comme un processus de construction de contextes visant à favoriser l’accomplissement d’actions conjointes (Gauker 2003, 2011). Je tenterai dans cette présentation de formuler cette conception de la communication linguistique dans le cadre d’une conception énactive-écologique de la cognition (Dijk & Rietveld, 2017) selon laquelle l’activité cognitive (dont le langage fait partie) est fondamentalement orientée vers l’action et est constituée par la perception de possibilités d’action, ou affordances, définies comme des relations entre les capacités d’action de l’agent et les structures de son environnement. Dans ce cadre théorique, la communication linguistique doit être comprise comme la construction par des interlocuteurs de champs d’affordances orientés vers l’atteinte des buts communs de leur action conjointe. Je présenterai tout d’abord des raisons de rejeter la conception du langage comme transmission de pensées avant d’introduire cette nouvelle théorie de la communication linguistique fondée sur la conception énactive-écologique de la cognition.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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