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Magalie Quintal-Marineau : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Depuis le tournant du XXIe siècle, la participation au marché du travail et
l’employabilité des Inuit sont apparues comme des enjeux centraux en vue
d’améliorer la qualité de vie des individus et de leurs collectivités. Si plusieurs
stratégies ont été déployées afin de créer une économie salariale ainsi qu’une
main-d’oeuvre inuite adaptée aux besoins et aux normes industriels, les vécus et
les aspirations des Inuit en milieu de travail n’ont reçu à ce jour que peu
d’attention. Dans cette présentation nous explorons comment l’emploi au Nunavut constitue
un espace important de rencontre entre les savoirs, les vécus et les aspirations
des Inuit et qallunaat (non-Inuit). À partir d’une démarche qualitative incluant des
entretiens menés dans deux communautés, nous examinons des expériences
individuelles et collectives en milieu de travail (workplace) et documentons les
mécanismes d’inclusion/exclusion qui favorisent/limitent la participation des Inuit
au marché du travail. Notre réflexion interroge ces espaces de rencontre et les
relations qui s’y tissent à partir des concepts d’ethical space (Ermine 2007) et
third space (hooks 1989). Finalement, nous proposons une réflexion sur la
portée et le potentiel de la démarche de sécurisation culturelle en contexte
d’emploi.
La Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (Commission Viens) lancée en décembre 2016 a remis son rapport au gouvernement du Québec en septembre 2019. Parmi les appels à l’action qu’on y trouve, plusieurs concernent la démarche de la sécurisation culturelle présentée comme un moyen de médiation entre, d’un côté, la société québécoise, et de l’autre, la population, les instances et les communautés autochtones. Cette démarche, élaborée au départ par les Maoris de la Nouvelle-Zélande et présentée un peu partout dans la communauté scientifique comme un outil de justice sociale, propose un réel changement de paradigme tant dans l’offre de services publics destinés aux populations autochtones que dans la rencontre entre les savoirs autochtones et les savoirs scientifiques sollicités pour la circonstance. Le présent colloque propose d’examiner cette démarche sous différents angles (santé, éducation, justice, employabilité, développement communautaire), d’en documenter les applications québécoises et canadiennes (le cas échéant) et d’en arriver à un premier portrait de ces différentes dimensions et perspectives. Quelle est la portée de cette démarche? De quelle manière peut-elle contribuer à transformer les relations entre les Québécois et Québécoises et les Autochtones et, dans la foulée, jouer un rôle déterminant dans la lutte aux inégalités sociales et à la discrimination? Comment se positionne présentement cette démarche dans les études décoloniales? Ces questions seront mises en débat entre des universitaires et des acteurs et intellectuels autochtones.
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