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Le rêve de Bolsonaro et le cauchemar des autochtones : débats autour de l’exploitation minière dans les territoires autochtones au Brésil

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Ana Catarina Zema : Université Laval

Résumé de la communication

Au Brésil, les avancées en termes de droits autochtones et de politiques inclusives conquises ces trois dernières décennies sont menacées depuis que Bolsonaro est arrivé au pouvoir. Les initiatives du gouvernement démontrent un manque total de respect des droits des autochtones inscrits dans la Constitution Fédérale de 1988 et des droits environnementaux. Parmi un éventail diversifié d'attaques contre les peuples autochtones et l’environnement, en février dernier, Bolsonaro a envoyé un projet de loi (PL 191/2020) au Congrès national pour réglementer l'exploitation minière, du pétrole et du gaz et la production d'électricité (hydroélectrique) sur les terres indigènes. À cette occasion, il s’est prononcé en disant que ce projet signifiait la réalisation d’un ancien « rêve ». Le mouvement autochtone au Brésil s’est mobilisé pour lutter contre ce projet de loi qui, pour eux, représente un vrai « cauchemar ». Je propose dans cette communication une analyse des récentes mesures proposées par le gouvernement Bolsonaro pour libérer l’exploitation minière dans les territoires autochtones. L'objectif est d’examiner, à la lumière de l’écologie politique latino-américaine, les enjeux politiques, sociaux et économiques soulevés par ce projet de loi et la résistance autochtone face aux dangers que représente l’exploitation minière dans leurs territoires.

Résumé du colloque

Depuis les années 1980, le secteur extractif connaît un boom sans précédent à l’échelle mondiale. Les exploitations minières, agro-industrielles, d’hydrocarbures, et d’hydroélectricité ne cessent de se multiplier, malgré les résistances qu’elles provoquent. Le modèle extractiviste a renouvelé les formes de dépendance et de primarisation des économies, particulièrement en Amérique latine, en Afrique et en Asie-Pacifique, et traverse le spectre politique, faisant consensus dans les États tant néolibéraux que postnéolibéraux (Acosta, 2011; Gudynas, 2011; Svampa, 2013). Sous le mirage des retombées économiques, les États mettent en place des cadres législatifs, juridiques et des allègements fiscaux dont la balance surpasse pourtant les redevances perçues (Deneault, 2012, 2014).

Aujourd’hui, une partie de la recherche sur l’extractivisme continue d’évaluer les rapports de celui-ci à la croissance, à la dépendance économique et aux régimes patrimoniaux et rentiers. D’autres s’intéressent à la forte répression contre les opposant·e·s à l’extractivisme. L’exploitation des ressources étant justifiée au nom de l’« intérêt national », l’urgence et l’exceptionnalité sont invoquées pour défendre la prérogative étatique de disposer des ressources, criminalisant les luttes pour la défense du territoire. Surtout, nous nous interrogeons sur ces politiques dans le contexte où l’extractivisme au 21e siècle semble repousser toutes les frontières. La raréfaction des ressources pousse à l’exploitation de gisements non conventionnels dans des zones géographiques jusque-là hors de portée de l’expansion capitaliste. Même la transition énergétique, préconisée pour lutter contre le bouleversement du climat, entraîne une intensification de l’extraction minière par la valorisation de nouveaux métaux. Ce colloque vient s’intéresser à l’articulation des conflits sociaux créés par l’extractivisme contemporain et les réponses sociales, universitaires et militantes avancées face à ces problématiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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