pen icon Colloque
quote

Le rôle de la philosophie dans la laïcisation de la culture francophone au Québec

JR

Membre a labase

Jacques G. Ruelland : Université de Montréal

Résumé de la communication

La colonisation de la Nouvelle-France fut notamment l’œuvre des religieux catholiques qui y ont fondé les premiers organismes sociaux et y ont imposé les croyances et le mode de vie de l’Église. Mais au XVIIIe siècle, les libres-penseurs français qui immigrent apportent ici les idées libérales et laïques novatrices de la philosophie des Lumières, qu’ils répandent grâce aux journaux et à leurs combats pour obtenir des institutions laïques ouvertes au monde moderne et au progrès techno-scientifique. Alors que se diversifient les connaissances et les opinions aux XIXe et XXe siècles, l’analphabétisme entraîne lentement dans sa chute, au fil des générations, la plupart des superstitions et des dogmes surannés. La laïcité trouve en la Révolution tranquille le nouvel élan qu’elle espérait. Les programmes de philosophie des études supérieures, les sociétés savantes et leurs revues orientent dès lors la pratique philosophique vers l’analyse critique des systèmes étrangers et le positionnement de la pensée et de la culture québécoises parmi les cultures du monde. Les milléniaux ont déjà adopté les valeurs laïques prônées par les nombreux praticiens québécois de la philosophie. Tolérance, liberté, égalité, justice sociale définissent désormais leur philosophie de vie. Il ne leur reste qu’à bâtir avec nous des systèmes théoriques authentiquement québécois, fondements d’une culture distincte et reconnue mondialement.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :