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Pauline Sirois : Université Laval
L’écriture de textes narratifs reste un défi important pour les élèves du primaire. Cette situation touche particulièrement les garçons, qui obtiennent des résultats moins élevés que les filles en production de textes et qui développent un sentiment de compétence et
une motivation plus faibles à l’égard de l’écriture (MELS, 2012). Dans le cadre d’une recherche longitudinale ayant permis d’expérimenter, au cours de trois années scolaires successives, une approche pédagogique développementale s’appuyant sur la créativité des élèves et visant un soutien différencié mettant à profit les capacités narratives de chacun, une attention spécifique a été portée aux résultats obtenus selon le genre des élèves. Les épreuves d’écriture réalisées à différents temps de l’étude (début-fin 3e année et fin 5e année) montrent une progression dans les différentes composantes du texte tant chez les garçons que chez les filles. Par ailleurs, en ce qui concerne le sentiment de compétence et la motivation à écrire, non seulement les résultats sont-ils plus élevés que ceux recueillis dans l’étude du MELS (2012), mais ils montrent que les garçons rejoignent les filles, particulièrement en ce qui concerne le sentiment de compétence en fin 5 e année. Ces résultats font ressortir l’importance des pratiques pédagogiques pour éliminer les effets de genre en enseignement et, ainsi, pour réduire les inégalités trop souvent constatées.
Le milieu scolaire représente un vecteur de premier plan afin de promouvoir l’égalité scolaire et sociale entre les garçons et les filles. Alors qu’historiquement les initiatives éducatives ciblaient surtout les filles, les données plus récentes procurent un portrait plus complexe et nuancé. En effet, l’examen d’indicateurs relatifs à la réussite scolaire montre qu’à l’école primaire et secondaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans la plupart des matières, y compris les disciplines traditionnellement associées aux hommes comme les mathématiques et les sciences (Voyer et Voyer, 2014). De plus, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à obtenir un diplôme de niveau secondaire (Lavoie et coll., 2019). Paradoxalement, même si les filles réussissent mieux à l’école primaire et secondaire, l’analyse des préférences et du choix de carrière des élèves montre qu’elles s’intéressent moins à certains domaines valorisés et lucratifs qui demeurent associés aux hommes, comme les professions scientifiques (Wang et Degol, 2017) et les postes de haute direction (Cook et Glass, 2014). Interprétées tantôt comme un « problème des garçons » à l’école (Royer, 2010; James, 2015), tantôt comme des inégalités qui persistent envers les filles (Wigfield et coll., 2015), ces données donnent lieu à des initiatives de toutes sortes, sans l’appui empirique nécessaire pour guider adéquatement les politiques et les interventions scolaires au-delà des arguments anecdotiques ou mal fondés. En réalité, notre compréhension de cette problématique complexe nécessite d’abord un portrait clair, et appuyé empiriquement, des différences de genre observées durant l’ensemble du parcours scolaire des élèves ainsi que des facteurs qui les sous-tendent.
Ce colloque a donc pour objectif de partager les connaissances les plus récentes en ce qui a trait aux différences de genre, du préscolaire à l’université, afin de mieux comprendre cette problématique en constante évolution. La journée se tient sous forme hybride, soit en présentiel et en ligne, et aborde plus en détail les perspectives comparatives des différences de genre à l’école de même que certains enjeux et problématiques touchant plus spécifiquement les filles ou les garçons. Des conférencières et des conférenciers présentent leurs résultats au cours d’une session d’affiches.
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