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Les conditions de justifiabilité de la tutelle épistémique : Une question de justice épistémique

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Andreanne Veillette : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Dans sa plus simple expression, la tutelle épistémique (mieux connue sous le nom de paternalisme épistémique) est un phénomène qui reflète une asymétrie de connaissance entre deux agents. Placé devant cette asymétrie, l’agent connaissant décide de ne pas partager certaines connaissances (ou d’en modifier le mode de présentation) dans le but d’améliorer le bien-être épistémique de l’autre. Ma communication portera sur les conditions de justifiabilité de la tutelle épistémique et sera divisée en trois parties.


Premièrement, j’expliquerai les raisons qui motivent le changement terminologique évoqué plus haut où je change le terme « paternalisme » pour « tutelle ». Deuxièmement, j’exposerai le cadre conceptuel dominant dans la littérature qui porte sur la tutelle épistémique, c’est-à-dire le cadre de Kristoffer Ahlstrom-Vij. D’abord, je définirai la tutelle épistémique à l’aide de trois conditions : la condition d’interférence, la condition de non-consultation et la condition d’amélioration. Ensuite, j’exposerai deux conditions de justifiabilité : la condition de concordance et la condition du fardeau de la preuve. Troisièmement, je vais m’éloigner du cadre d’Ahlstrom-Vij pour défendre l’ajout d’une troisième condition de justifiabilité : la condition de justice épistémique. Cette troisième section représente ma contribution originale. Je formulerai la nouvelle condition, j’expliquerai ce que sont les injustices épistémiques et je justifierai la pertinence d’un tel ajout.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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