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Jean-Francois Lévesque : École nationale d'administration publique
La présente recherche constitue l’amorce d’une réflexion au sujet de l’utilisation des Livings Labs dans un contexte d’administration publique. Plusieurs auteurs se sont intéressés au concept de Living Labs créant une occasion de mieux comprendre ses principales caractéristiques, son processus d’innovation et les acteurs en présence. Ainsi, ces éléments permettent de réfléchir au transfert du concept dans la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation des politiques publiques. De plus, cette recherche tente de mettre en lumière ces trois aspects du processus du Living Lab et de répondre à certaines interrogations tels que : est-ce que ce concept s’arrime au paradigme du Nouveau Service Public? Quelles sont les possibilités pour l’évaluation?
En tant que nouvelle approche cherchant à résoudre des problématiques sociales complexes, les living labs (laboratoires vivants) se distinguent par leurs objectifs de participation et de coconstruction positionnant les citoyens et les usagers au centre de leurs démarches (Scaillerez et Tremblay, 2017). L’un des objets de la méthode semble alors être celui de contribuer à la réappropriation de son pouvoir décisionnel par les citoyens et les usagers. Permettre au plus grand nombre de participer à la réflexion fait aussi des living labs une approche qui contribue à admettre que certaines ressources (naturelles, Ostrom, 1990; ou intellectuelles, Hess et Ostrom, 2007) appartiennent à tous et font partie des communs (Hess, 2008).
La conduite des processus living labs doit toutefois composer avec des défis de type institutionnel et méthodologique (Therrien et Normandin, accepté). En matière de défis institutionnels, les living labs sont notamment influencés par les rapports de pouvoir préexistants entre les acteurs ainsi que par les conflits de valeurs et d’intentions entre les diverses parties prenantes (citoyens, fonctionnaires, représentants d’organismes communautaires et d’organisations privées, chercheurs, etc.). Ce rééquilibre à la faveur du citoyen et des ressources communes n’est donc pas encore un acquis et nécessite d’être (re)questionné pour en asseoir la suprématie.
Pour gérer ses aspects, les living labs se concentrent sur la conduite de leurs processus et le développement d’objets-frontières, mais la méthode doit elle-même composer avec des obstacles quant à la combinaison des savoirs scientifiques et expérientiels et les remises en question propres à la réalisation d’un processus d’hyperréflexivité.
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