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L’intervention recherche comme « riposte » au risque de démission des enseignants

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Eric Flavier : Université de Strasbourg

Résumé de la communication

La dernière décennie a été marquée, en France, par une augmentation des démissions (0,09% en 2010, 0.25% en 2018) ou mises en disponibilité des enseignants (Rapport Sénat 2017). Une récente étude (Danner et coll., 2019) a révélé que « les dégradations des conditions de travail » en raison « des fréquentes réformes obligeant les enseignants à se réapproprier de nouveaux programmes » comptaient parmi les facteurs à l’origine de ces démissions. Dans la logique de la société apprenante (Taddei, 2017) ou de l’établissement formateur (Ria, 2015), la mise en œuvre d’Espace d’Analyse de l’Activité (EAT) au sein des établissements scolaires apparaît comme une opportunité de retrouver du pouvoir d’agir sur les problèmes professionnels. Ces considérations aboutissent pourtant à des constats mitigés, notamment celui de la difficulté des enseignants à initier et piloter ces EAT et celui de l’importance d’être soutenu. L’intervention répond à l’appel de six enseignants pilotes (EP) d’EAT selon une visée transformative : en premier lieu, centrée sur les préoccupations des EP, l’intervention a organisé des confrontations collectives en présentiel et à distance. Les résultats montrent comment les EP s’approprient l’expérience d’un autre EP pour élaborer leur propre expérience. En deuxième lieu, par le biais d’autoconfrontation simple, l’intervention a aidé chaque EP à mobiliser les significations construites collectivement pour transformer son activité dans les EAT.

Résumé du colloque

L’idée de rapprocher le monde universitaire du monde social fait son chemin depuis quelques décennies sous l’impulsion de critiques à l’égard du fossé constaté entre eux (Desgagnés, 1997). Ces critiques et des avancées méthodologiques ont amené des chercheu.rs.ses, issus de disciplines variées, à définir des dispositifs participatifs, par exemple en santé où la collaboration avec les bénéficiaires est vue comme l’une des conditions permettant d’assurer que la recherche menée est pertinente et utile aux patient.e.s touchés (IRSC, 2019). Mais cette participation est parfois devenue une injonction, entre autres de la part des organismes subventionnaires qui privilégient de plus en plus des programmes qui valorisent la collaboration entre chercheurs et acteurs de terrain. Même si les recherches participatives visent la reconnaissance d’une pluralité de savoirs issus tant de la pratique que de la recherche (Morrissette, 2013), dans une perspective critique, la nécessité de collaborer peut soulever des questionnements sur les rapports de pouvoir dans les interactions en recherche, sur les inégalités potentielles dans la reconnaissance de l’apport des divers acteurs et sur l’influence des compétences de ces derniers à s’affirmer et à prendre la parole au cours des moments de collaboration (Doucet et Dumais, 2015).

Ce point de vue critique est d’autant plus nécessaire au regard des dispositifs de recherches qualitatives qui vont plus loin en visant le changement chez les participant.e.s, dans les organisations et au sein des gouvernements, en l’occurrence des recherches à visées transformatrices et émancipatoires. Il s’agit alors, pour toutes les personnes concernées par de telles recherches, de travailler à la transformation des conditions sociales en jeu et au développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (Stetsenko, 2016).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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