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Mères réfugiées en situation de monoparentalité : vers la construction d’un nouveau « chez-soi » à Montréal

MF

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Marie Fally : Université de Montréal

Résumé de la communication

Si elle incarne une réalité variée dans les pays d’origine (Tsai et al., 2017), la monoparentalité en contexte de migration forcée devient souvent synonyme de précarité, d’instabilité et d’inégalités sociales et économiques (Raïq et Plante, 2013). Qu’elles soient dans cette situation volontairement et durablement ou seulement temporairement, les obstacles quotidiens des femmes réfugiées monoparentales sont d’autant plus nombreux que les sociétés d’accueil fournissent rarement un soutien spécifiquement adapté à leur situation. Ces femmes sont dans un processus contraint de construction et d’attachement à un nouveau chez-soi, après la perte de leur maison, leur famille, et leur vie dans leur pays d’origine (Taha, 2020). Je m’interroge ici sur les stratégies qu’elles mettent en place pour s’ancrer dans la société québécoise et pour faire face aux défis qui leur sont propres. Par l’analyse des résultats préliminaires de mon terrain de recherche doctorale (entrevues), j’illustrerai comment les transformations familiales (Grace, 2019 ; Madziva, 2016) et les défis de la migration forcée (Hadjukowski-Ahmed et al., 2008) poussent ces femmes à reconstruire non seulement leur chez soi, mais aussi leur individualité de femme, de mère, et de réfugiée au Canada. C’est par la prise en compte de leurs réflexivités autour de cet espace intime que je mettrai en lumière la superposition entre agentivité, résilience et capacités d’ancrage qui font la spécificité de leurs parcours.

Résumé du colloque

L’arrivée des personnes réfugiées syriennes, puis celle de personnes demandeuses d’asile venues des États-Unis, a marqué le Québec ces dernières années. Les milieux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que les instances juridiques se trouvent dans l’urgence de répondre aux multiples besoins de ces populations. Pourtant, alors que les représentations de l’opinion publique sur ce sujet deviennent plus négatives, il devient urgent d’élaborer des solutions dans le champ social qui tiennent compte de la transformation des dynamiques locales et globales et qui misent sur les ressources québécoises dans ce domaine. Or, les recherches menées auprès de personnes réfugiées et demandeuses d’asile montrent l’importance de l’environnement humain sur le développement de leur bien-être et soulignent ainsi l’importance de l’accueil et de la vie postmigratoire de ces familles. Ce colloque multisectoriel rassemble des chercheurs universitaires de disciplines et de champs variés (éducation, psychologie, travail social) et des praticiens des milieux de l’éducation, de la santé mentale, de l’organisation communautaire œuvrant auprès des familles réfugiées et demandeuses d’asile. Il vise à créer un espace de réflexion et de mobilisation de connaissances théoriques, empiriques et pratiques et tend vers une compréhension interdisciplinaire et systémique de la réalité des familles immigrantes, réfugiées et demandeuses d’asile, ainsi que la promotion de pratiques et de stratégies favorisant leur bien-être psychosocial et leur intégration à la société d’accueil.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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