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Caroline Blais : Université de Sherbrooke
La mesure et la divulgation de la performance d’une entreprise, notamment sur des objectifs de développement durable (DD), nécessitent une base fondamentale : de l’information. En comparaison aux grandes entreprises, les PME disposent de moins de ressources de temps et d’argent et sont ainsi peu nombreuses à mesurer et à publier leur performance en DD. Néanmoins, les motivations intrinsèques des gestionnaires et les exigences légales peuvent inciter les PME à mesurer et à présenter les résultats de leurs actions en DD. De plus, à titre de fournisseurs de grandes entreprises, les PME sont amenées à devoir rendre des comptes sur le plan de leur comportement responsable. Sous la forme d’étude de cas multiples, la recherche a permis de développer une démarche et d’élaborer une forme plus simple de système de mesure et de reddition de compte de la performance en DD : un tableau de bord de gestion (TBG) adapté à la réalité des PME québécoises en termes de taille, de disponibilité de ressources et de cadre légal. En effet, peu de travaux se sont intéressés au développement d’un TBG pouvant être appliqué en PME. En s’inspirant des trois voies développées par Voyer (2002) et du référentiel de la Global Reporting Initiative, la recherche explicite comment ont été ciblés et intégrés à un TBG, des indicateurs qui respectent des critères de qualité pour leur applicabilité en PME.
D’aucuns suggèrent que nous vivons une crise multidimensionnelle, notamment écologique, sociale et institutionnelle. Si les entreprises privées sont parfois présentées comme des coupables, d’autres leur reconnaissent un rôle essentiel dans la résolution des enjeux sociaux et écologiques auxquels fait face le monde. Historiquement, c’est à travers le concept de responsabilité sociale des entreprises (RSE) que l’engagement des entreprises au développement durable a été conceptualisé. Essentiellement, la RSE appelle à revoir la conception traditionnelle des entreprises selon laquelle celles-ci sont uniquement économiques, pour en faire des acteurs de changement qui intègrent le développement durable dans leur mission, leurs pratiques et leurs décisions. Si la RSE était, au mieux, mentionnée dans quelques rapports annuels dans les années 1980, elle occupe aujourd’hui un rôle essentiel dans les objectifs stratégiques, les discours et les rapports annuels des entreprises.
Parallèlement à la démocratisation de la RSE se sont développées de nouvelles formes organisationnelles visant à créer de la richesse de manière plus durable et plus respectueuse de la société et de l’écologie : les coopératives, l’entrepreneuriat social, l’entrepreneuriat vert, les entreprises hybrides et les « B Corps » en sont de bons exemples. Ces organisations utilisent les mécanismes du marché pour résoudre des problèmes sociaux chroniques et contrer la dégradation de l’environnement, brouillant ainsi la frontière traditionnelle entre entreprise à profit et organisation à but non lucratif. Les organisations hybrides ne rejettent pas le profit ni la croissance; les profits sont le moyen par lequel elles peuvent accroître leur impact social et écologique. Cependant, ces nouvelles réalités posent d’importants défis stratégiques, notamment en matière de conciliation des logiques marchande et civique, et de gestion des tensions organisationnelles liées aux prises de décision quotidiennes lorsque les solutions semblent paradoxales.
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