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Montréal et le roman anglo-québecois comme Zone de Contact : The Girl Who Was Saturday Night, de Heather O’Neill

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Claudine Gélinas-Faucher : Champlain Regional College

Résumé de la communication

Cette communication part de la prémisse que Montréal représente une « zone de contact » telle que définie par Marie-Louise Pratt, c’est-à-dire, un « espace dans lequel des peuples séparés géographiquement et historiquement entrent en contact et établissent des relations au quotidien » (Pratt, Imperial 7). Je cherche cependant à appliquer cette notion de « zone de contact » non seulement d’un point de vue spatial, mais aussi d’un point de vue textuel, en traitant le roman montréalais anglophone à la fois comme source de représentation de l’espace physique et comme espace textuel en soi. Si certains auteurs tels que Scott Simon et Gail Scott utilisent le “colinguisme” comme moyen de refléter la nature dynamique des relations linguistiques à Montréal, d’autres caractéristiques textuelles peuvent aussi identifier l’espace textuel comme étant dialectique. En prenant comme exemple le roman The Girl Who Was Saturday Night, de Heather O’Neill, ma communication tente d’identifier l’appropriation du point de vue francophone par l’autrice, ainsi que son utilisation d’un réalisme magique qui fait écho à la double vision du personnage de Noushka, comme la naissance d’un phénomène culturel propre à la zone de contact et le signe que Montréal, comme zone de contact avec sa « co-présence, ses interactions, ses pratiques imbriquées les unes dans les autres », même si elle est le résultat de « relations de pouvoir asymétriques », est aussi un espace de néoculturation.

Résumé du colloque

Le colloque « Interroger la représentation de l’habiter urbain dans la fiction contemporaine » portera sur la représentation de l’habiter urbain dans la fiction contemporaine, ceci dans une perspective transmédiatique. Seront donc prises en considération les analyses d’œuvres littéraires, mais également cinématographiques, vidéoludiques, bédéiques et télévisuelles.

Le terme « habiter », suivant Heidegger (1993 [1951]), constitue une caractéristique fondamentale de l’être, une « “poétique” du monde qui questionne l’être de l’habitation humaine » (Lussault, 2007, p. 41). À la suite de Dardel (1990), l’habiter se voit articulé en termes de géographicité, soit comme le produit de la relation de l’humain à la terre; une relation comprenant à la fois un ensemble de pratiques et une conscience singulière de la nature et de l’espace (Dupont, 2008). Naît ainsi une approche « onto-géographique » de l’habiter rendant compte de la projection de l’humain dans l’espace (Lévy et Lussault, 2003), mais aussi un habiter comme acte d’appropriation de l’espace : il est alors question de pratiques habitantes (Rosselin, 2002), soit de manières — comportements, fréquentations et usages — d’être aux lieux (Fries-Paiola et De Gasperin, 2014) ou encore, dans une perspective certalienne, de « faire avec l’espace », soit des usages se rapportant non plus à la manière dont on arrange l’espace, mais à la manière dont on s’arrange de l’espace (Duret, 2019).

L’habiter peut également être considéré comme un co-habiter. Il est alors question de la dimension spatiale de la socialité ou encore de la dimension collective de l’habiter. Il se rapporte alors aux configurations des relations de coexistence des individus en société, l’espace social étant entendu comme un être-ensemble dans un milieu humain et en fonction de celui-ci.

D’abord pensé par les philosophes au cours du 20e siècle, le concept de l’habiter a essaimé depuis dans les sciences humaines et sociales, en particulier en anthropologie, en géographie, en sociologie et en urbanisme, au point de devenir un concept essentiel dans les disciplines concernées par les questions de spatialité ces deux dernières décennies. Récemment, plusieurs perspectives d’analyse se sont penchées sur la représentation de l’habiter dans les œuvres de fiction, telles que la géocritique, l’écocritique et, plus récemment, la mésocritique, dont elle constitue l’objet d’étude privilégié.

En considération de cela, ce colloque a pour objectif de montrer comment la fiction contemporaine envisage l’expérience du milieu urbain — et plus précisément l’expérience de la ville considérée à l’échelle de la métropole ou de la mégapole — par ses habitants et habitantes ou, en d’autres termes, comment la fiction contemporaine représente l’habiter et les pratiques habitantes au sein de la ville.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
manager icon Responsables :
Christophe Duret
section icon Date : 4 mai 2021

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