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Multiculturalisme et légitimité : quel libéralisme choisir ?

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Xavier Boileau : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans le cadre de sa théorie multiculturelle, Kymlicka défend la thèse qu’un groupe peut protéger sa culture contre la menace d’autres groupes culturels tant qu’il n’enfreint pas lui-même les normes du libéralisme par rapport à ses membres. Historiquement, cette distinction a été critiquée pour principalement deux raisons : 1) la distinction entre droits externes et internes est moins clair que le pense Kymlicka, 2) cette distinction semble ouvrir la porte à la protection de pratique illibérale malgré les précautions de Kymlicka. Nous proposons cependant de nous attarder sur une troisième critique potentielle soulevée par Chandran Kukathas, et plus récemment sous une autre forme par Glen Coulthard. Même en acceptant la distinction entre protections externes et contraintes internes, il existe la possibilité de conflits sur les normes libérales qui seront utilisées pour déterminer les contraintes légitimes qu’un groupe peut exercer sur ses membres. En l’occurrence, on peut se demander quelle autorité légitime aura le droit de trancher ce débat entre deux cultures libérales distinctes? Entre le libéralisme de la
majorité et le libéralisme du groupe minoritaire, lequel devrait avoir préséance sur celui de l’autre ?

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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