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Panser les blessures en soignant la mémoire : Stratégies de mise en espace des lieux de mémoire d’atrocités

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Anne-Marie Broudehoux : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette présentation fait état d’un projet de recherche qui examine les stratégies de mise en espace des lieux de mémoires d’atrocités, incluant l’esclavage, l’Holocauste, l’apartheid, les génocides, les disparitions etc. À partir d’un inventaire initial des lieux de mémoire liés à la traite négrière et à l’esclavage transatlantique, cette étude s’intéresse aux procédés spatiaux mis en œuvre dans la réalisation récente de musées de la mémoire et d’autres espaces mémoriels liés à des événements historiques tragiques ayant contribué à la déshumanisation de divers groupes de population. L’étude repose sur l’hypothèse que ces nouveaux lieux de mémoire (Nora, 1986) ont en commun un usage hyper-sensible du design et suggère que l’architecture pourrait être un langage apte à la communication de l’indicible, dans des cas où la réalité de certaines atrocités ne peut être montrée ou décrite. Cette présentation propose de dresser un premier inventaire des principes de mise en espace utilisés dans la création de mémoriaux et de les analyser. À partir d’étude de cas de divers lieux de mémoire, la présentation fait état d’observations préliminaires sur la manière dont certains procédés de mise en espace peuvent aborder autrement l'indicible, contribuant ainsi à prendre soin et à réhumaniser les victimes tout en donnant l’espoir d’une possible réconciliation, d’une reconstruction et d’une libération des survivants, descendants et autres acteurs touchés par ces atrocités.

Résumé du colloque

Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?

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Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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